Hôpital : infirmiers surchargés, patients en danger (vidéo)

22 avril 2017

La conclu­sion de l’ana­lyse de 19 mil­lions d’hos­pi­ta­li­sa­tions en Angleterre est sans appel : plus une infir­mière a de patients sous sa res­pon­sa­bi­lité, plus leur risque de mor­ta­lité aug­mente. Ces résul­tats confor­tent ceux d’études anté­rieu­res et sont trans­po­sa­bles à la situa­tion dans les hôpi­taux fran­çais. A l’heure des contrain­tes bud­gé­tai­res, le per­son­nel soi­gnant est soumis à une forte pres­sion.

"La durée moyenne d’hos­pi­ta­li­sa­tion a été réduite et donc cela fait une concen­tra­tion de tra­vail dans un temps limité ce qui aug­mente le risque d’erreurs", estime Thierry Amouroux, secré­taire géné­ral du Syndicat natio­nal des pro­fes­sion­nels infir­miers, dans une émission de France 5
"Allodocteurs" (vidéo de 2 mn).

L’étude anglaise montre que ces ris­ques ne peu­vent pas être réduits par l’aug­men­ta­tion du nombre de per­son­nel moins qua­li­fié. C’est uni­que­ment la com­pé­tence spé­ci­fi­que des infir­miers et leur pré­sence auprès des patients qui est en jeu. 

"Lorsque vous cour­rez d’un patient à l’autre, vous n’avez pas le temps d’obser­ver un cer­tain nombre de signes qui per­met­tent de détec­ter l’aggra­va­tion de l’état et c’est cela qui peut entraî­ner une aug­men­ta­tion de la mor­ta­lité des patients", expli­que Thierry Amouroux. Il fau­drait selon le syn­di­ca­liste "un ratio d’infir­miers par patient selon les patho­lo­gies pout être en sécu­rité."

Pour l’ins­tant en France, ces quotas exis­tent seu­le­ment dans deux types de ser­vice. En réa­ni­ma­tion, il faut au moins deux infir­miers pour cinq patients et un infir­mier pour six patients dans les ser­vi­ces de dia­lyse.

Source : Registered nurse, heal­th­care sup­port worker, medi­cal staf­fing levels and mor­ta­lity in English hos­pi­tal trusts : a cross-sec­tio­nal study, BMJ Open 2016 ;6:e008751, doi:10.1136/bmjo­pen-2015-008751

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