Etude internationale : Infirmières formées en 4 ans, patients mieux soignés

2 mars 2025

Une autre étude inter­na­tio­nale met en évidence plu­sieurs avan­ta­ges liés à une for­ma­tion en soins infir­miers plus longue (4 ans au lieu de 3) : "The level of com­pe­tence of gra­dua­ting nur­sing stu­dents in 10 European coun­tries—Comparison bet­ween coun­tries" (Kajander-Unkuri et al., 2020)

1. Meilleure auto-évaluation des com­pé­ten­ces

Les étudiants issus de pro­gram­mes de 4 ans (comme en Islande, Irlande, Espagne et Portugal) ont ten­dance à s’auto-évaluer avec des scores plus élevés sur l’échelle des com­pé­ten­ces infir­miè­res (Nurse Competence Scale).
Cela peut s’expli­quer par un temps d’appren­tis­sage plus long, leur per­met­tant d’acqué­rir une meilleure maî­trise des com­pé­ten­ces cli­ni­ques et théo­ri­ques.

2. Plus grande pré­pa­ra­tion à la pra­ti­que cli­ni­que

L’expo­si­tion pro­lon­gée aux milieux cli­ni­ques aide les futurs infir­miers à gagner en confiance et en auto­no­mie, notam­ment dans des domai­nes comme :
 La prise de déci­sion en situa­tion com­plexe.
 La ges­tion des urgen­ces et des soins cri­ti­ques.
 L’éducation et l’enca­dre­ment des patients.

3. Renforcement des com­pé­ten­ces en ges­tion et qua­lité des soins

Les étudiants des for­ma­tions plus lon­gues ont ten­dance à mieux évaluer leurs com­pé­ten­ces en assu­rance qua­lité et en super­vi­sion du per­son­nel, des domai­nes sou­vent moins bien maî­tri­sés dans des cursus plus courts.
Ils béné­fi­cient de cours plus appro­fon­dis sur la ges­tion des soins, la coor­di­na­tion des équipes et les aspects éthiques et légaux du métier.

4. Impact sur l’employa­bi­lité et la satis­fac­tion pro­fes­sion­nelle

Une for­ma­tion plus longue est sou­vent mieux perçue par les employeurs, qui consi­dè­rent que les infir­miers diplô­més d’un pro­gramme de 4 ans sont plus com­pé­tents et poly­va­lents.
En Islande, par exem­ple, où la for­ma­tion dure 4 ans, les étudiants se sen­tent plus confiants dans leur avenir pro­fes­sion­nel et affi­chent une satis­fac­tion plus élevée vis-à-vis de leur for­ma­tion.

5. Meilleur déve­lop­pe­ment des com­pé­ten­ces en recher­che et inno­va­tion

Les étudiants issus de for­ma­tions lon­gues ont plus d’oppor­tu­ni­tés pour se fami­lia­ri­ser avec la recher­che en soins infir­miers, ce qui les pré­pare mieux à des postes évolutifs (Infirmiers spé­cia­li­sés, cadres de santé, cher­cheurs en soins infir­miers)
Cela contri­bue également à l’amé­lio­ra­tion des pra­ti­ques basées sur des preu­ves scien­ti­fi­ques (evi­dence-based prac­tice), un cri­tère clé dans l’évolution des soins de santé.

Conclusion
La durée de for­ma­tion a un impact direct sur le niveau de com­pé­tence perçu par les étudiants, leur pré­pa­ra­tion à la pra­ti­que, ainsi que sur leurs oppor­tu­ni­tés pro­fes­sion­nel­les. Une for­ma­tion de 4 ans offre des béné­fi­ces en termes de matu­rité cli­ni­que, ges­tion des soins et déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel.

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