Exclusivité d’actes aux IBODE : décision de report du Conseil d’Etat

11 décembre 2016

Un arrêt du Conseil d’Etat repousse au 31 décembre 2017 l’entrée en vigueur de l’exclusivité confiée aux infirmiers de bloc opératoire diplômés d’Etat (Ibode) concernant l’aide à l’exposition, à l’hémostase et à l’aspiration.

Suite au décret du 27 jan­vier 2015 don­nant l’exclu­si­vité des actes aux Ibode, l’Union des Chirurgiens de France (UCDF) avait en février 2015 saisi le Conseil d’Etat deman­dant l’annu­la­tion inté­grale du décret.

Le mer­credi 7 décem­bre 2016, le Conseil d’Etat a validé l’exclu­si­vité des actes pour les Ibode, en débou­tant l’UCDF de la quasi inté­gra­lité de ses deman­des.

Un seul point tech­ni­que a obligé le Conseil d’Etat à annu­ler pro­vi­soi­re­ment le trans­fert de l’hémo­stase, de l’aide à l’expo­si­tion et de l’aspi­ra­tion aux seuls Ibode. Le Conseil d’Etat a pré­cisé que le report de ce trans­fert au 31 décem­bre 2017 suf­fira à l’appli­ca­tion inté­grale de l’exclu­si­vité Ibode.

L’UAIBODE indi­que que "L’UCDF peut se féli­ci­ter d’avoir permis au Conseil d’Etat de limi­ter l’exer­cice pro­fes­sion­nel d’aides-opé­ra­toi­res non infir­miers aux seuls actes d’hémo­stase, d’aide à l’expo­si­tion, et à l’aspi­ra­tion. L’Unaibode y veillera !

Bien sûr, les for­ma­tions des 49 heures se pour­sui­vent pour former les Ibode à leurs nou­vel­les mis­sions."

Le Conseil d’Etat annule par­tiel­le­ment le décret "en tant seu­le­ment que, en l’état du dis­po­si­tif appli­ca­ble, il ne dif­fère pas au 31 décem­bre 2017 l’entrée en vigueur des dis­po­si­tions du b) du 1° de l’arti­cle R4311-11-1 du code de la santé publi­que". Ces dis­po­si­tions pré­voyaient que l’Ibode soit le seul pro­fes­sion­nel non méde­cin habi­lité, "au cours d’une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale, en pré­sence du chi­rur­gien, [à] appor­ter une aide à l’expo­si­tion, à l’hémo­stase et à l’aspi­ra­tion". Ces actes "pou­vaient aupa­ra­vant, au moins pour partie, être accom­plis par les infir­miers [non Ibode] voire par les aides-opé­ra­toi­res", relève le Conseil d’Etat. Or, le décret "fait peser la réa­li­sa­tion de ces actes, à la date de son entrée en vigueur [le 30 jan­vier 2015], sur les seuls chi­rur­giens, puis sur un nombre dans les pre­miers temps limité d’infir­miers de bloc opé­ra­toire ayant reçu la for­ma­tion requise".

"Compte tenu des consé­quen­ces d’une telle entrée en vigueur immé­diate sur le fonc­tion­ne­ment des ser­vi­ces", la haute juri­dic­tion consi­dère que le texte est "enta­ché d’une erreur mani­feste d’appré­cia­tion faute de pré­voir des mesu­res tran­si­toi­res". Elle estime que "ce délai doit être fixé compte tenu de ce que les pro­fes­sion­nels doi­vent suivre la for­ma­tion com­plé­men­taire exigée par le décret pour accom­plir ces actes". Elle repousse au 31 décem­bre 2017 l’entrée en vigueur de l’exclu­si­vité, pour ces actes précis.

En revan­che, le Conseil d’Etat ne remet pas en cause l’exclu­si­vité confiée aux Ibode pour l’ins­tal­la­tion chi­rur­gi­cale du patient, la mise en place et la fixa­tion des drains sus-apo­né­vro­ti­ques, la fer­me­ture sous-cuta­née et cuta­née, ainsi que les actes d’assis­tance "d’une par­ti­cu­lière tech­ni­cité" listés par les deux arrê­tés.

Source : http://aria­nein­ter­net.conseil-etat.fr/aria­nein­ter­net/getdoc.asp?id=208744&fonds=DCE&item=1

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