Touche pas à mon Ordre !

13 avril 2015

"Ni bonnes, ni nonnes, ni connes" était le slogan du grand mou­ve­ment infir­mier de 1988, lors­que 100.000 infir­miè­res ont défilé lors de mani­fes­ta­tions, pen­dant un mois. Nous avons alors obtenu une reva­lo­ri­sa­tion sala­riale de 30% sur trois ans.

Pour ne plus voir des tech­no­cra­tes déci­der pour les infir­miè­res de ce qui est bien pour elles, la pro­fes­sion doit avoir un inter­lo­cu­teur solide face au minis­tère. Depuis 2009, nous dis­po­sons d’un Ordre des Infirmiers pour ras­sem­bler la pro­fes­sion. Imaginez la force de 500.000 infir­miè­res ras­sem­blées dans une même struc­ture !

L’objec­tif des par­ti­sans de cet Ordre est de dis­po­ser d’une orga­ni­sa­tion inter­ve­nant sur l’ensem­ble de l’exer­cice pro­fes­sion­nel, sur le modèle des ordres des infir­miè­res exis­tant dans 18 autres pays d’Europe : Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Irlande, Italie, Norvège, Portugal, Royaume-Uni, Suède, mais également Croatie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovénie, et même Malte !

Cet Ordre des Infirmiers n’est pas une fin en soi. C’est l’ins­tru­ment par lequel la pro­fes­sion doit enfin s’affir­mer, et faire enten­dre une vision infir­mière de la santé (pré­ven­tion, éducation à la santé, accom­pa­gne­ment, rela­tion d’aide).

La nuit du 9 avril, 19 dépu­tés, égarés dans une salle de 577 places, ont voté pour la sup­pres­sion de l’Ordre des Infirmiers. Certes, le texte doit encore passer au Sénat, puis devant une Commission Mixte Paritaire (7 dépu­tés et 7 séna­teurs), avant d’être soumis au Conseil Constitutionnel. Mais ce vote à la sau­vette est la preuve d’un mépris pro­fond pour notre pro­fes­sion. A 19, ils s’esti­ment le droit de détruire une orga­ni­sa­tion de 168.000 mem­bres comme on écrase un mous­ti­que !

Que l’on soit pour ou contre un Ordre, cette atti­tude mépri­sante et mépri­sa­ble est inad­mis­si­ble. Défendez la pro­fes­sion infir­mière en dénon­çant cette injure par mail à envoyer à pre­mier-minis­tre@­cab.pm.gouv.fr, cab-ass-pos@­sante.gouv.fr, tou­che­pa­sa­mo­nor­drein­fir­mier@­la­poste.net (pour le suivi de l’action) ou en signant les péti­tions sur inter­net ! Nombreux sont les pro­fes­sion­nels qui réa­gis­sent également sur les réseaux sociaux.

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