Contribution SNPI au projet HAS de recommandation vaccinale contre l’encéphalite à tiques (TBE)

14 juin 2026

Le nombre de cas humains d’encéphalite à tiques (TBE) acquis en France augmente progressivement depuis la fin des années 2010. Les cas sont principalement recensés dans les régions Grand Est, Auvergne‑Rhône‑Alpes et Bourgogne‑Franche‑Comté. La HAS s’est autosaisie afin d’évaluer l’opportunité d’élaborer une stratégie vaccinale contre l’encéphalite à tiques chez les personnes résidant dans les zones à risque ou s’y rendant. La HAS souhaite recueillir la position des principaux acteurs concernés par ce projet de recommandation vaccinale. Voici la contribution du SNPI.

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) salue la démar­che de la Haute Autorité de santé visant à anti­ci­per l’évolution épidémiologique de l’encé­pha­lite à tiques en France. Le SNPI sou­tient le prin­cipe d’une recom­man­da­tion vac­ci­nale ciblée, pro­por­tion­née au risque réel d’expo­si­tion et inté­grée dans une appro­che glo­bale de santé publi­que asso­ciant vac­ci­na­tion, pré­ven­tion indi­vi­duelle et éducation à la santé.

Le SNPI approuve le choix d’une vac­ci­na­tion ciblée sur les per­son­nes rési­dant ou séjour­nant dans les zones de cir­cu­la­tion avérée du virus et exer­çant des acti­vi­tés les expo­sant aux piqû­res de tiques. Toutefois, il appa­raît néces­saire de dis­tin­guer clai­re­ment les expo­si­tions pro­fes­sion­nel­les des expo­si­tions récréa­ti­ves.

Dans le cadre pro­fes­sion­nel, cer­tai­nes caté­go­ries de tra­vailleurs sont sou­mi­ses à des expo­si­tions répé­tées et pro­lon­gées : fores­tiers, bûche­rons, agents des espa­ces natu­rels, agri­culteurs, éleveurs, pay­sa­gis­tes, per­son­nels des espa­ces verts, vété­ri­nai­res ou inter­ve­nants tech­ni­ques en milieu natu­rel. Pour ces popu­la­tions, le SNPI recom­mande une poli­ti­que vac­ci­nale active rele­vant de la pré­ven­tion des ris­ques pro­fes­sion­nels. L’infor­ma­tion sur la mala­die, l’accès à la vac­ci­na­tion et le suivi vac­ci­nal devraient être inté­grés aux démar­ches de santé au tra­vail.

Concernant les acti­vi­tés récréa­ti­ves, le risque est plus hété­ro­gène. Une ran­don­née occa­sion­nelle n’expose pas au même niveau de risque qu’une pra­ti­que régu­lière du trail, du cam­ping, du bivouac, de la chasse, ou de la cueillette en milieu fores­tier. Une vac­ci­na­tion beau­coup plus ciblée, avec une com­mu­ni­ca­tion gra­duée selon la fré­quence et l’inten­sité de l’expo­si­tion paraît sou­hai­ta­ble afin de garan­tir une infor­ma­tion pro­por­tion­née au risque.

Le SNPI sou­li­gne également l’impor­tance des mesu­res de pré­ven­tion non vac­ci­na­les. La vac­ci­na­tion ne pro­tège ni contre la mala­die de Lyme ni contre les autres infec­tions trans­mi­ses par les tiques. Le port de vête­ments cou­vrants, l’uti­li­sa­tion adap­tée de répul­sifs, l’ins­pec­tion sys­té­ma­ti­que du corps après expo­si­tion et le retrait rapide des tiques doi­vent rester au cœur des mes­sa­ges de pré­ven­tion.

Le risque de trans­mis­sion par consom­ma­tion de lait cru ou de pro­duits lai­tiers non pas­teu­ri­sés mérite également une meilleure visi­bi­lité dans les cam­pa­gnes d’infor­ma­tion, notam­ment auprès des popu­la­tions vul­né­ra­bles.

Le SNPI consi­dère que les infir­miè­res ont un rôle majeur à jouer dans cette stra­té­gie de pré­ven­tion. Leur exper­tise en éducation à la santé, en pré­ven­tion et en accom­pa­gne­ment vac­ci­nal cons­ti­tue un levier impor­tant pour amé­lio­rer l’infor­ma­tion des popu­la­tions expo­sées et favo­ri­ser l’adhé­sion aux recom­man­da­tions.

Une atten­tion par­ti­cu­lière doit être portée au rôle des infir­miè­res sco­lai­res dans l’infor­ma­tion des famil­les et des équipes éducatives lors des clas­ses vertes, séjours nature, et autres acti­vi­tés de plein air orga­ni­sées dans les ter­ri­toi­res concer­nés.

Le SNPI estime également néces­saire de ren­for­cer la sur­veillance épidémiologique. Le rap­port sou­li­gne lui-même le carac­tère très loca­lisé de nom­breux foyers de cir­cu­la­tion du virus. Une appro­che exclu­si­ve­ment régio­nale risque de ne pas reflé­ter la réa­lité du ter­rain. Une sur­veillance dépar­te­men­tale per­met­trait une meilleure adap­ta­tion des mes­sa­ges de pré­ven­tion et des recom­man­da­tions vac­ci­na­les.

Dans le même esprit, le SNPI recom­mande une actua­li­sa­tion annuelle de la car­to­gra­phie des zones à risque afin de tenir compte de l’évolution des connais­san­ces épidémiologiques, écologiques et cli­ma­ti­ques.

En conclu­sion, le SNPI sou­tient la recom­man­da­tion vac­ci­nale pro­po­sée par la HAS, mais uni­que­ment pour les acti­vi­tés pro­fes­sion­nel­les. Son effi­ca­cité repo­sera tou­te­fois sur une appro­che glo­bale asso­ciant vac­ci­na­tion ciblée, pré­ven­tion indi­vi­duelle, infor­ma­tion du public, impli­ca­tion des employeurs pour les tra­vailleurs expo­sés, mobi­li­sa­tion des infir­miè­res et amé­lio­ra­tion conti­nue de la sur­veillance épidémiologique.

Source HAS :
 https://www.has-sante.fr/jcms/p_4070703/fr/ence­pha­lite-a-tiques-stra­te­gie-vac­ci­nale-chez-les-per­son­nes-a-risque-d-expo­si­tion-au-virus-de-l-ence­pha­lite-a-tiques-tbev-consul­ta­tion-publi­que#x­tor=CS1-6

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