Prescription infirmière : reconnaître de nouvelles compétences pour mieux les limiter ?
14 juin 2026
Combien de patients attendent aujourd’hui un rendez-vous médical uniquement pour obtenir une prescription d’examen déjà justifiée par leur situation clinique ? C’est toute la question posée par l’avis de la HAS sur la prescription infirmière.
A première vue, le sujet paraît technique. Réservé aux juristes, aux administrations ou aux organisations professionnelles. En réalité, il concerne directement chaque patient confronté à un délai d’attente, à une difficulté d’accès à un médecin ou à un passage évitable aux urgences.
Car derrière les débats sur les examens biologiques, les radiographies, les dispositifs médicaux ou les antalgiques, une question beaucoup plus simple se pose : Comment permettre aux patients d’obtenir plus rapidement les soins dont ils ont besoin ?
La loi du 27 juin 2025 a ouvert une évolution importante. Elle reconnaît désormais la consultation infirmière, le diagnostic infirmier et la prescription des produits de santé et examens complémentaires nécessaires à l’exercice de la profession.
L’avis rendu par la Haute Autorité de Santé est globalement favorable. Mais il soulève aussi une interrogation de fond : peut on recréer les obstacles que la réforme cherchait précisément à supprimer ?
Personne ne conteste la nécessité de la traçabilité, de la coordination, de la formation ou de l’évaluation clinique. La vraie question est ailleurs.
Lorsque l’infirmière identifie qu’un examen biologique ou radiologique est nécessaire, faut-il obliger le patient à attendre plusieurs semaines une consultation médicale uniquement pour obtenir l’ordonnance ? Ou vaut-il mieux permettre que cet examen soit réalisé afin que le médecin dispose déjà des résultats lors de sa consultation ?
Ce débat ne porte pas sur les intérêts d’une profession. Il porte sur la pertinence des parcours de soins. Le bon professionnel, au bon moment, au bon endroit.
Dans l’article ci-dessous, le SNPI analyse en détail l’avis de la HAS, ses réserves, ses contradictions, les erreurs de méthode relevées par l’Autorité elle-même, et surtout l’enjeu central : améliorer l’accès aux soins sans compromettre la sécurité des patients.
Parce que le centre du système de santé n’est ni le médecin, ni l’infirmière. C’est le patient.