Le projet d’arrêté « actes et soins infirmiers » doit encore évoluer !
13 janvier 2026
La seconde version du projet d’arrêté « actes et soins infirmiers », transmis par la DGOS en janvier 2026, marque des avancées réelles, par rapport à la première version. Pour la première fois, le raisonnement clinique infirmier, l’examen clinique, le diagnostic infirmier, la consultation infirmière, la prévention et la santé publique apparaissent explicitement dans ce texte. C’est un changement de cap que le SNPI reconnaît et salue.
La concertation est réelle, mais ces avancées restent fragiles, car certains choix rédactionnels introduisent des incohérences majeures entre l’ambition de la loi et l’architecture normative proposée.
Le point de tension principal est clair : la délégation du rôle propre. Le texte maintient la possibilité de confier à des professionnels du champ social, comme les accompagnants éducatifs et sociaux #AES, des activités relevant de la surveillance clinique de situations à haut risque : dialyse, nutrition artificielle, trachéotomie, isolement, suites de ponction, dispositifs invasifs. Or ces situations sont, dans le reste du texte, reconnues comme relevant du raisonnement clinique infirmier. Cette contradiction engage directement la sécurité des patients, et la responsabilité juridique des infirmières.
Autre enjeu structurant : la consultation infirmière. Si la version 2 de la DGOS en fait désormais mention, elle reste traitée comme une modalité fonctionnelle parmi d’autres. Or la définition ordinale, soutenue par le CNPI et le SNPI, en fait un mode d’exercice clinique autonome, fondé sur l’examen clinique, le diagnostic infirmier, la prévention, l’éducation à la santé, l’orientation et la coordination des parcours. Sans reconnaissance claire de ce statut, l’accès direct, la prévention structurée et la lisibilité pour les patients demeurent fragiles.
Enfin, la contribution du SNPI insiste sur des dimensions encore trop peu consolidées :
– le rôle infirmier en prévention et santé publique,
– la reconnaissance explicite des soins relationnels comme soins à part entière,
– l’intégration de la santé environnementale dans la pratique infirmière.
La contribution du SNPI n’est ni une opposition de principe, ni une demande d’extension incontrôlée des compétences. Elle vise un objectif simple : mettre en cohérence la loi, la pratique et la sécurité des soins. Clarifier le rôle propre délégable. Sécuriser la surveillance clinique. Reconnaître pleinement la consultation infirmière.
Un arrêté bien construit peut devenir un levier majeur d’accès aux soins et de qualité. Un arrêté ambigu, au contraire, fragiliserait une réforme pourtant attendue. C’est à cette exigence de responsabilité que le SNPI entend contribuer.
👉 La contribution complète du SNPI est à lire ici : https://syndicat-infirmier.com/Contribution-du-SNPI-version-2-projet-DGOS-d-arrete-actes-et-soins-des.html