Covid19 : le Conseil d’État valide le recours palliatif au Rivotril

2 janvier 2022

Par déci­sion N° 446888 du 28 décem­bre 2021, le Conseil d’État valide les dis­po­si­tions prises par décret par le Gouvernement sur l’uti­li­sa­tion de cette molé­cule en 2020 lors de l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sani­taire.

"La contre-indi­ca­tion en cas d’insuf­fi­sance res­pi­ra­toire sévère, dont se pré­va­lent les requé­rants à l’encontre du Rivotril, est liée à l’usage qui doit être fait de cette spé­cia­lité dans l’indi­ca­tion de son auto­ri­sa­tion de mise sur le marché, en tant que trai­te­ment d’urgence de l’état de mal épileptique. Cette contre-indi­ca­tion n’a pas fait obs­ta­cle à ce que la Haute Autorité de santé recom­mande, en jan­vier 2020, l’uti­li­sa­tion de ben­zo­dia­zé­pi­nes autres que le mida­zo­lam, notam­ment celle du clo­na­zé­pam, en cas de dif­fi­cultés d’appro­vi­sion­ne­ment, pour assu­rer une séda­tion pro­por­tion­née d’un patient à son domi­cile ou en établissement médico-social.
A cet égard, les dis­po­si­tions atta­quées per­met­tent de sécu­ri­ser l’uti­li­sa­tion, en dehors de l’indi­ca­tion de son auto­ri­sa­tion de mise sur le marché, du Rivotril, spé­cia­lité dis­po­ni­ble en phar­ma­cie d’offi­cine, plus facile d’accès que le mida­zo­lam, qui est réservé à l’usage hos­pi­ta­lier et connais­sant de fortes ten­sions alors que le nombre de patients atteints de formes graves de covid-19 était élevé.
Elles assu­rent ainsi le res­pect du droit de tout patient, alors même qu’il ne ferait pas l’objet d’une hos­pi­ta­li­sa­tion, de rece­voir sous réserve de son consen­te­ment libre et éclairé des trai­te­ments et des soins visant à sou­la­ger sa souf­france. Elles n’ont ni pour objet ni pour effet d’orien­ter les pra­ti­ciens dans leurs choix thé­ra­peu­ti­ques, au détri­ment des soins cura­tifs."

"Les dis­po­si­tions contes­tées, qui visent à per­met­tre la pres­crip­tion de la spé­cia­lité Rivotril en dehors du cadre de son auto­ri­sa­tion de mise sur le marché en vue de la prise en charge des patients atteints de covid-19 dont l’état cli­ni­que le jus­ti­fie, relè­vent ainsi des mesu­res que le minis­tre chargé de la santé était habi­lité à pren­dre sur le fon­de­ment de l’arti­cle L. 3131-16 du code de la santé publi­que, alors même qu’elles sécu­ri­sent à cette fin la pres­crip­tion d’une spé­cia­lité dans une indi­ca­tion non conforme à son auto­ri­sa­tion de mise sur le marché, dans des condi­tions qui déro­gent à l’arti­cle L. 5121-12-1 du même code pré­cité.
Lorsqu’il est prévu par les dis­po­si­tions en vigueur qu’une déci­sion admi­nis­tra­tive doit être prise par voie d’arrêté minis­té­riel ou inter­mi­nis­té­riel, il est satis­fait à ces dis­po­si­tions lors­que cette mesure est prise par un décret contre­si­gné par le ou les minis­tres com­pé­tents. Or les dis­po­si­tions atta­quées ont été adop­tées par le Premier minis­tre sur le rap­port du minis­tre des soli­da­ri­tés et de la santé et contre­si­gnées par celui-ci."

L’inté­gra­bi­lité de la déci­sion est sur https://www.conseil-etat.fr/fr/aria­ne­web/CE/deci­sion/2021-12-28/446888

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Santé mentale des jeunes : sans les infirmières nous ne sortirons pas de la crise

La santé mentale est devenue l’un des plus grands défis de santé publique de notre époque. Les (…)

Non, les infirmières ne laissent pas des nourrissons mourir de solitude à l’hôpital

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) exprime sa profonde indignation après (…)

Peut-on défendre tous les droits lorsqu’on a combattu certains d’entre eux ?

Le Défenseur des droits n’est pas un responsable politique. Il est le garant d’une institution (…)

Accès direct aux infirmières : la dernière pièce du puzzle manque toujours

Le 27 juin 2025, le Parlement adoptait à l’unanimité la loi relative à la profession (…)

Grève IBODE à Necker : un révélateur de la crise d’attractivité infirmière à l’hôpital

Un bloc opératoire ne se met pas en difficulté en quelques semaines. Il révèle souvent des (…)

Guide HAS sur les patients partenaires : une avancée majeure qui doit mieux reconnaître les compétences infirmières

« Rien sur nous sans nous. » Cette revendication, née des mouvements de défense des droits des (…)