FEHAP : paupérisation des salariés (étude CFE-CGC)

10 octobre 2014

Chiffres à l’appui, la CFE-CGC déplore la pau­pé­ri­sa­tion des sala­riés de la CCN 51. Alors que ces quinze der­niè­res années la rému­né­ra­tion men­suelle de base de l’ensem­ble des sala­riés fran­çais a pro­gressé de plus de 40%, celle du sec­teur privé non lucra­tif est à la traîne avec moins de 9% de reva­lo­ri­sa­tion.

En com­mis­sion pari­taire le 8 juillet der­nier, la CFE-CGC a pré­senté les chif­fres de l’évolution sala­riale dans les établissements sociaux et médico-sociaux non lucra­tifs appli­quant la CCN 51 (soit les établissements de la Fehap). Le docu­ment affi­che pour ce sec­teur des indi­ca­teurs plutôt défa­vo­ra­bles par rap­port aux sala­riés des autres sec­teurs.

Le syn­di­cat insiste notam­ment sur le fait qu’en quinze ans le salaire men­suel de base (SMB)* des pro­fes­sion­nels de la CCN 51 n’a évolué que de 9% envi­ron. Alors que dans le même temps le SMB moyen de l’ensem­ble des sala­riés fran­çais connais­sait une pro­gres­sion de plus de 40%. Pour Claude Dumur, vice-pré­si­dent de la fédé­ra­tion santé et action sociale CFE-CGC, "la mise en place des 35 heures a entraîné un cer­tain gel des salai­res. Le temps où la CCN 51 pas­sait pour une conven­tion avan­ta­geuse est révolu".

19% de perte de pou­voir d’achat

La CFE-CGC évalue la perte de pou­voir d’achat des sala­riés de la CCN 51 à près de 19%. En s’appuyant sur les don­nées de l’Institut natio­nal de la sta­tis­ti­que et des études économiques (Insee), le syn­di­cat cons­tate en effet que la hausse des prix à la consom­ma­tion sur la période - soit les quinze der­niè­res années - a été de plus de 27%. Chiffre qu’il rap­pro­che des 9% d’évolution du SMB pour évaluer la perte du pou­voir d’achat des pro­fes­sion­nels de la CCN 51. Cela fait aussi dire à Claude Dumur que "la pau­pé­ri­sa­tion des sala­riés est en marche".

41 emplois clas­sés en des­sous du Smic

Au 1er jan­vier, la valeur du Smic est donc de 1 445,38 € (équivalent à un salaire men­suel brut à 35 heures). Ce salaire cor­res­pond au coef­fi­cient conven­tion­nel 329 de la CCN 51 (ou plus pré­ci­sé­ment 328,27). Claude Dumur parle de pau­pé­ri­sa­tion car il relève qu’il existe à la Fehap 42 emplois dont 11 nou­veaux métiers clas­sés en des­sous du coef­fi­cient 329.

C’est le cas des agents de ser­vice hos­pi­ta­liers (ASH) ou encore de la filière logis­ti­que (ouvrier tech­ni­que, per­son­nel de cui­sine...). Pour ces emplois, la Fehap a prévu de les rému­né­rer un petit peu au dessus du Smic - 4,50€ sup­plé­men­tai­res selon Claude Dumur - mais ils res­tent néan­moins clas­sés en des­sous du Smic, si on s’en tient aux indi­ces et aux grilles.

Augmentation de la valeur du point en sus­pens

C’est pour­quoi la CFE-CGC avait demandé en com­mis­sion pari­taire le 8 juillet une aug­men­ta­tion de la valeur du point de 0,7% pour 2014. Au 31 décem­bre 2013, le point Fehap était à 4,403, rap­pelle Claude Dumur.

La pro­blé­ma­ti­que de l’évolution sala­riale devrait être de nou­veau au pro­gramme du pro­chain conseil d’admi­nis­tra­tion d’octo­bre. "La Fehap nous a promis de réexa­mi­ner cette ques­tion après quatre ans de gel", indi­que Claude Dumur.

*Le SMB est défini comme le salaire hors primes (sauf primes liées à la réduc­tion du temps de tra­vail), hors gra­ti­fi­ca­tions, hors avan­ta­ges en nature et hors heures sup­plé­men­tai­res. Il s’agit du salaire brut avant toute déduc­tion de coti­sa­tions obli­ga­toi­res et avant ver­se­ment des pres­ta­tions socia­les.

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