Le SNPI a rencontré Manuel Valls

Thierry Amouroux GCS SNPI CFE-CGC

12 février 2016

A l’occa­sion de la Grande Conférence de Santé du 11.02.16, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, Thierry Amouroux a pu expo­ser au Premier Ministre Manuel Valls les reven­di­ca­tions de la pro­fes­sion infir­mière sur les thé­ma­ti­ques de la jour­née (for­ma­tion, métier, com­pé­ten­ces, par­cours).

Depuis plu­sieurs mois, trois grou­pes de tra­vail se réu­nis­sent  : le pre­mier sur la for­ma­tion, le deuxième sur les métiers, et le troi­sième sur les par­cours. Nous espé­rons par­ve­nir à un décloi­son­ne­ment des pro­fes­sions de santé, à l’hôpi­tal comme en ville, avec une coo­pé­ra­tion plu­ri­pro­fes­sion­nelle autour du patient.

Cependant, il n’est pas néces­saire de faire une pre­mière année com­mune pour mettre en place quel­ques cours trans­ver­saux, ou donner des notions de base concer­nant chaque métier afin de mieux pren­dre en charge le patient et de mieux com­pren­dre le tra­vail de chacun.

Entre les diver­ses pro­fes­sions de santé les moda­li­tés ne sont pas les mêmes, les socles des métiers ne sont pas les mêmes, les fina­li­tés ne sont pas les mêmes ! Il serait sans doute plus inté­res­sant de ren­for­cer dans chaque filière, l’inter­dis­ci­pli­na­rité, la trans­dis­ci­pli­na­rité. Mais il faut res­pec­ter le cœur de métier.

Refus d’une pre­mière année de for­ma­tion com­mune aux 14 pro­fes­sions para­mé­di­ca­les

En novem­bre 2015, 20.585 infir­miè­res, cadres infir­miers ou infir­miè­res spé­cia­li­sées ont répondu : 68 % de ces pro­fes­sion­nels infir­miers sont hos­ti­les à une pre­mière année com­mune aux 14 for­ma­tions para­mé­di­ca­les (14.018 répon­ses contre, 6.567 répon­ses pour).

Pour Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, "cela irait à l’encontre de l’appro­che par com­pé­ten­ces des nou­veaux réfé­ren­tiels de for­ma­tion issus de la réforme LMD des pro­fes­sions de santé. En scien­ces humai­nes, les étudiants en socio­lo­gie, scien­ces de l’éducation ou psy­cho­lo­gie ont des UE trans­ver­sa­les (métho­do­lo­gie, sta­tis­ti­que, anglais, etc) ce n’est pas pour autant que l’on a créé une pre­mière année com­mune de scien­ces humai­nes !"

Par contre, qu’en 3ème année de for­ma­tion il y ait des troncs com­muns avec les autres étudiants arri­vant eux aussi en fin de for­ma­tion, serait un plus. Ceci per­met­trait cer­tains cours et réflexions com­mu­nes sur des sujets com­muns (éthique, tra­vail en équipe, réflexions sur le tra­vail plu­ri­dis­ci­pli­naire…) et amé­lio­re­rait sure­ment les rela­tions par la suite, pour le plus grand béné­fice des soi­gnés.

Dans les autres pays de l’Union Européenne et dans les pays anglo-saxons, il y a depuis des décen­nies des filiè­res en scien­ces infir­miè­res : pour­quoi un tel retard en France ? Lors de la réforme de 2009, la France a déjà été le 24ème pays sur 27 à entrer dans le sys­tème LMD ! Nous de sou­hai­tons pas la dis­so­lu­tion des IFSI dans des ins­ti­tuts régio­naux de for­ma­tion para­mé­di­cale for­mant les 14 pro­fes­sions de santé régle­men­tées.

Nos atten­tes pour les infir­miè­res

Malgré nos nom­breu­ses deman­des, le décret d’acte infir­mier n’a pas été réac­tua­lisé depuis 2004. Or les tech­ni­ques médi­ca­les évoluent sans cesse, et la prise en soins s’est modi­fiée.

"La loi auto­rise les infir­miè­res à vac­ci­ner direc­te­ment l’ensem­ble de la popu­la­tion, elles y ont été for­mées, et ont les com­pé­ten­ces néces­sai­res. Mais le décret stu­pide d’une admi­nis­tra­tion rétro­grade a can­tonné cela à une seule patho­lo­gie, la grippe, et pour un seul seg­ment de la popu­la­tion : les per­son­nes âgées ou les per­son­nes attein­tes de patho­lo­gies chro­ni­ques ! Là on nage en plein délire : nous sommes com­pé­tents pour vac­ci­ner direc­te­ment une per­sonne fra­gile, mais sur­tout pas son entou­rage en bonne santé !" s’indi­gne Thierry Amouroux.

Autre exem­ple, une infir­mière libé­rale peut pres­crire des dis­po­si­tifs médi­caux comme les pan­se­ments, mais pas des médi­ca­ments aussi dan­ge­reux que le sérum phy­sio­lo­gi­que (de l’eau sté­rile) pour décol­ler la com­presse, ni l’anti­sep­ti­que (en vente libre) pour désin­fec­ter ! Il fau­drait une loi pour nous y auto­ri­ser !

L’infir­mière est habi­li­tée à entre­pren­dre et à adap­ter les trai­te­ments antal­gi­ques, dans le cadre des pro­to­co­les médi­caux. Mais dans les faits, nous adap­tons aussi sou­vent d’autres médi­ca­ments, comme les anti-vita­mi­nes K !

Les infir­miè­res fran­çai­ses peu­vent pres­crire... au Québec ! http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Les-infir­mie­res-fran­cai­ses-vont.html

Le décret d’acte infir­mier doit donc être réac­tua­lisé, pour s’adap­ter aux réa­li­tés d’aujourd’hui.

Nos atten­tes sur la pra­ti­que avan­cée

Pour la pro­fes­sion infir­mière, le plus grand chan­ge­ment de la nou­velle loi de santé est la créa­tion en France du cadre légal de l’infir­mière de pra­ti­que avan­cée IPA. Le fameux arti­cle 30 est devenu dans le texte final l’arti­cle 119, qui figu­rera dans le Code de la Santé Publique comme Art. L. 4301-1.

Conformément à la pro­po­si­tion du Plan cancer III de créer le nou­veau métier d’infir­mier cli­ni­cien, la France devient ainsi le 26ème pays à créer ce nou­veau métier pour des infir­miè­res titu­lai­res d’un Master (bac+5). Attention, ce nou­veau métier ne concer­nera que quel­ques mil­liers de per­son­nes, sur l’ordre de gran­deur des effec­tifs actuels d’infir­miè­res spé­cia­li­sées (IADE, IBODE, pué­ri­cultri­ces).

La loi fixe le cadre géné­ral, mais nous atten­dons l’ouver­ture rapide de négo­cia­tions pour cons­ti­tuer un réfé­ren­tiel de for­ma­tion, défi­nir une grille sala­riale, etc. Car seuls les décrets d’appli­ca­tion va per­met­tre à ce nou­veau métier inter­mé­diaire d’agir sur le ter­rain, sur le modèle des 330.000 infir­miè­res de pra­ti­que avan­cée qui exer­cent déjà dans 25 pays du monde.

A l’étranger, la pra­ti­que avan­cée est un terme géné­ri­que qui dési­gne deux rôles :
 Infirmière cli­ni­cienne spé­cia­li­sée, qui exerce dans le même
champ régle­men­taire que l’infir­mière géné­ra­liste, mais avec un niveau de com­pé­tence plus élevé et géné­ra­le­ment dans un domaine plus res­treint ;
 Infirmière « pra­ti­cienne », qui exerce dans le même champ
régle­men­taire que l’infir­mière géné­ra­liste et a, par déro­ga­tion aux
condi­tions léga­les d’exer­cice, des acti­vi­tés rele­vant du champ
médi­cal (diag­nos­tic de patho­lo­gies, pres­crip­tions de
thé­ra­peu­ti­ques, pres­crip­tion et inter­pré­ta­tion d’exa­mens,
dépis­tage, orien­ta­tion etc.).

Détails : http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Master-en-scien­ces-cli­ni­ques.html

Dans la presse :
 http://san­te­news.reseau­pro­sante.fr/actua­lite/gcs-ren­contre-avec-manuel-valls/64638
 http://www.miroir­so­cial.com/actua­lite/12949/que-peut-on-atten­dre-de-la-grande-confe­rence-de-sante
 http://www.infir­miers.com/actua­li­tes/revue-de-presse/grande-confe­rence-de-sante-quel­les-atten­tes-pour-infir­miers.html
 http://www.cadre­de­sante.com/spip/pro­fes­sion/pro­fes­sion-cadre/arti­cle/grande-confe­rence-de-sante-les-infir­miers-atten­dent-des-evo­lu­tions
 http://24sante.fr/news/1930287-grande-confe­rence-de-sante-infir­miers-atten­dent-evo­lu­tions
 http://san­te­news.reseau­pro­sante.fr/actua­lite/grande-confe­rence-de-sante-quel­les-atten­tes-pour-les-infir­miers/63936
 http://len­tre­prise.lex­press.fr/actua­li­tes/1/actua­li­tes/les-pro­fes­sion­nels-de-sante-convies-par-valls-et-tou­raine-a-une-grande-confe­rence_1761979.html
 http://www.paris-nor­man­die.fr/detail_arti­cle/arti­cles/5072563/actua­li­tes+societe+sante/les-pro­fes­sion­nels-de-sante-convies-par-valls-et-tou­raine-a-une-grande-confe­rence

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