Gouvernance de l’OGDPC : exclusion des salariés

18 décembre 2012

En fait de « développement professionnel continu », on assiste plutôt à un « développement séparé », où une minorité libérale assume seule la gouvernance, et dicte à une majorité non représentée ce qui est bien pour elle !

Le prin­cipe du DPC, déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel continu, est de réunir dans un concept commun les notions de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle conti­nue et d’évaluation des pra­ti­ques des pro­fes­sion­nels de santé libé­raux et sala­riés.

L’Organisme ges­tion­naire du DPC (OGDPC), est un « grou­pe­ment d’inté­rêt public » créé entre l’Etat et L’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie. L’OGDPC cons­ti­tue un gui­chet unique et inter­pro­fes­sion­nel pour tous les orga­nis­mes qui devront s’enre­gis­trer auprès de lui. Il assure le pilo­tage du déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel continu (DPC) dans sa glo­ba­lité pour tous les pro­fes­sion­nels de santé, et gère la partie finan­cière du dis­po­si­tif pour les libé­raux (méde­cins, chi­rur­giens-den­tis­tes, phar­ma­ciens, sages-femmes, ortho­pho­nis­tes, orthop­tis­tes, pédi­cu­res podo­lo­gues, infir­miers et mas­seurs-kiné­si­thé­ra­peu­tes), les pro­fes­sion­nels de santé exer­çant en cen­tres de santé conven­tion­nés, et les méde­cins hos­pi­ta­liers.

A coté des cinq Commissions Scientifiques, quatre ins­tan­ces com­po­sent cette « usine à gaz » :
 1. L’Assemblée géné­rale des mem­bres du GIP, (6 mem­bres)
 2. Le Conseil de Gestion (conseil d’admi­nis­tra­tion du GIP), (24 mem­bres)
 3. Le Comité Paritaire du DPC (1 sec­tion pari­taire par pro­fes­sion), (92 mem­bres)
 4. Le Conseil de Surveillance (1 col­lège pro­fes­sions de santé et 1 col­lège employeurs).

Les 98 mem­bres du conseil de sur­veillance de l’OGDPC ont dési­gné le 21.11.12 un bureau de 15 mem­bres, dont 3 pour les employeurs et 12 pour les pro­fes­sion­nels de santé. C’est une élection indi­vi­duelle, mais la grande majo­rité des mem­bres du conseil sont des libé­raux, et le CNPS, centre natio­nal des pro­fes­sions libé­ra­les de santé, se vente dans un com­mu­ni­qué d’avoir fait élire sa liste de 12 libé­raux.

Le rôle de ce Bureau sera entre autres de siéger au Conseil de Gestion de l’OGDPC qui a pour mis­sion clé de répar­tir les sommes des­ti­nées à finan­cer les pro­gram­mes de DPC des pro­fes­sion­nels de santé libé­raux et de ceux exer­çant dans les cen­tres de santé.

Un nouvel Apartheid à l’OGDPC

Les sala­riés sont donc exclus de ces quatre ins­tan­ces, alors qu’ils cons­ti­tuent la majo­rité des pro­fes­sion­nels de santé ! En fait de « déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel continu », on assiste plutôt à un « déve­lop­pe­ment séparé », où une mino­rité assume seule la gou­ver­nance, et dicte à une majo­rité non repré­sen­tée ce qui est bien pour elle !

La Fédération Santé Social CFE-CGC exige donc un texte com­plé­men­taire pour cons­ti­tuer rapi­de­ment un troi­sième col­lège de sala­riés au sein du Bureau du Conseil de Surveillance, pour repré­sen­ter les sala­riés, aux cotés des 12 libé­raux et des 3 employeurs.

En effet, selon le rap­port d’acti­vité 2011 de la DGOS :
 sur les 567.000 infir­miers, 475.000 sont sala­riés
 sur les 216.000 méde­cins, 87.000 sont sala­riés
 sur les 72.000 phar­ma­ciens, 40.000 sont sala­riés
 sur les 19.000 sages-femmes, 15.000 sont sala­riées

Par ailleurs, les 250.000 aides-soi­gnants et 30.000 mani­pu­la­teurs sont sala­riés.

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Arrêts maladie : le problème n’est pas l’abus, mais le travail qui rend malade

« L’abus d’arrêts-maladie nuit gravement à notre système de santé. » Le slogan est simple. Il (…)

Eau potable, pesticides, PFAS : le syndicat infirmier s’inquiète pour la santé des patients

Chaque jour, nous demandons à nos patients de boire davantage d’eau. Mais pouvons-nous encore (…)

Urgences saturées : les chiffres confirment ce que les infirmières dénoncent depuis des années

Quand le thermomètre reste dans le rouge pendant dix ans, ce n’est plus une crise. C’est un (…)

Urgences saturées, patients sur des brancards, soignants épuisés : ce que démontre l’étude de la DREES

Quand une personne malade attend des heures sur un brancard, ce n’est pas un problème (…)

Cancer, diabète, hypertension : encadrer enfin les additifs alimentaires !

Un soda coloré. Une sauce industrielle. Un dessert ultra-transformé. Chaque jour, des millions (…)

Ratios de patients par soignant : la clé pour prévenir les erreurs de soins

Combien d’erreurs faut-il encore pour admettre que la sécurité des patients commence par les (…)