Hausse des restes à charge : les malades ne peuvent pas être la variable d’ajustement
20 février 2026
Le SNPI apporte son plein soutien aux organisations de patients mobilisées contre les nouvelles mesures qui entreront en vigueur au 1er mars. Augmenter les restes à charge hospitaliers et réduire certaines exonérations pour les personnes en affection de longue durée envoie un signal préoccupant : celui d’un système qui demande toujours plus d’efforts à celles et ceux qui vivent déjà avec la maladie.
Sur le terrain, les infirmières le constatent chaque jour. Derrière une ligne budgétaire, il y a des arbitrages impossibles : un traitement différé, une consultation reportée, un dispositif non renouvelé. Selon l’Assurance maladie et la DREES, le renoncement aux soins pour raisons financières touche encore plusieurs millions de personnes en France, avec un impact particulièrement marqué chez les patients chroniques et précaires. Chaque hausse, même modeste, fragilise l’équilibre.
Ces décisions interrogent d’autant plus qu’elles interviennent sans réelle concertation avec les représentants des usagers et des soignants. Or la qualité d’un système de santé se mesure à sa capacité à protéger les plus vulnérables. L’OMS rappelle que la réduction des paiements directs est un levier majeur pour garantir l’accès universel aux soins. Faire peser l’effort sur les malades prend le risque inverse.
Le débat mérite mieux qu’une logique comptable. D’autres leviers existent et font consensus : pertinence des prescriptions, organisation coordonnée des parcours, prévention renforcée, accompagnement des patients chroniques, lutte contre les hospitalisations évitables. Autant de domaines où la profession infirmière joue un rôle central, reconnu par les récentes évolutions législatives.
Soutenir les patients, c’est aussi soutenir celles et ceux qui les accompagnent au quotidien. C’est refuser que l’accès aux soins devienne dépendant du pouvoir d’achat. Et c’est rappeler que la solidarité n’est pas une dépense, mais un investissement collectif.
Le SNPI appelle à l’ouverture rapide d’une concertation associant usagers, soignants et décideurs publics. Parce qu’une réforme juste se construit avec celles et ceux qui en vivent les conséquences.
👉 Le communiqué des organisations de patients : https://france-assos-sante.org/communique_presse/hausse-des-restes-a-charge-les-usagers-passent-encore-a-la-caisse/