La certification périodique en 2026
18 janvier 2026
Le Décret n° 2025-1335 du 26 décembre 2025 fait basculer le dispositif dans le concret : contrôle continu, traçabilité, compte individuel national,... La certification périodique constitue un dispositif obligatoire depuis le 1er janvier 2023 pour sept professions de santé à ordre, dont les infirmiers. Ce décret ne redéfinit pas ces objectifs. Il organise comment on vérifie que l’obligation est tenue.
La certification périodique vise à garantir, tout au long de la carrière, le maintien d’un haut niveau de qualité et de sécurité des soins. Cette obligation repose sur quatre axes indissociables :
– le maintien et l’actualisation des connaissances et compétences ;
– l’amélioration continue de la qualité des pratiques professionnelles ;
– la relation avec le patient, la communication, l’éthique et le respect des droits ;
– la santé personnelle du professionnel
Les instances ordinales “s’assurent, de manière continue” du bon déroulement de la certification et de la réalisation du programme minimal d’actions pour les professionnels inscrits au tableau. À l’échéance de la période de certification, l’ONI dispose d’un délai de six mois pour contrôler la réalisation du programme minimal d’actions, sur la base du compte individuel et du référentiel applicable.
Le décret crée un traitement de données et un téléservice national : “Ma Certif’Pro Santé”, avec un compte individuel pour chaque professionnel concerné. Ce compte a une logique simple : retracer les actions faites au titre de la certification (formations, démarches, justificatifs), et permettre le contrôle.
Si vous rencontrez des difficultés pour réaliser votre programme minimal d’actions, le décret prévoit la possibilité d’un accompagnement par votre CNP : pour les infirmières généralistes, c’est par le CNPI Conseil national professionnel infirmier, à votre initiative ou sur proposition de l’instance ordinale. C’est un levier utile : l’enjeu n’est pas de “piéger” les soignants, mais de sécuriser un parcours de maintien des compétences qui tienne compte des réalités d’exercice.
La certification périodique ne doit pas être vécue comme un examen permanent. C’est un contrat de confiance : la société reconnaît le rôle clinique des infirmières, et donne les moyens réels de maintenir un haut niveau de pratique.
Qui alimente le système ? Vous, mais pas seulement
Le décret prévoit une alimentation du compte par plusieurs canaux :
– Référentiels d’identification (notamment le RPPS).
– Acteurs institutionnels et structures susceptibles d’attester des actions réalisées (organismes, employeurs, etc.).
– Vous-même, par des déclarations et justificatifs.
Et c’est là que beaucoup se feront surprendre : seules les données que vous déclarez vous-même sont modifiables par vous. Autrement dit, si un élément “remonté” est incomplet, il faudra savoir vers qui se tourner et comment le corriger, plutôt que de cliquer en pensant régler le problème.
Premier réflexe concret : mettre à jour ses coordonnées (notamment l’email), car l’information de création et de suivi du compte passe par là.
Le contrôle : ce qui se passera à la fin de la période
Pour satisfaire à l’obligation de certification périodique, les professionnels de santé concernés attestent avoir réalisé, au cours d’une période de six ans, au moins deux actions prévues dans le ou les référentiels de certification.
À l’échéance, l’instance ordinale dispose d’un délai de six mois pour vérifier si le programme minimal d’actions est bien réalisé. Elle se fonde sur le compte et sur le référentiel applicable, et peut demander des pièces complémentaires.
On change de logique : ce n’est plus “j’ai fait des choses, je verrai si un jour on me demande”. C’est : “un contrôle est prévu, avec un calendrier, et un dossier numérique sera la base de décision”.
Pour une infirmière, cela signifie une chose simple : ne pas attendre la fin. Ce qui se pilote sur cinq ou six ans ne se rattrape pas en trois semaines.
Pour consulter le décret : https://cnp-infirmier.fr/?Decret-no-2025-1335-du-26-decembre-2025-relatif-aux-modalites-de-controle-et-au