Nouveau coronavirus Covid-19 : conduite à tenir en France

25 janvier 2020

Repérer et prendre en charge un patient suspect d’infection à nouveau Coronavirus 2019 (actualisation au 24 février 2020)

Au 25/02/20, la situa­tion épidémiologique inter­na­tio­nale de l’épidémie de coro­na­vi­rus Covid-19 fait état de  :
- 80 134 cas confir­més de Covid-19, dont 77 658 cas en Chine (96,9%) et 2 476 cas hors Chine (PRC) (3,1%)
- 2 592 décès en Chine (PRC), 1 en France, 2 à Hong-Kong, 1 au Japon, 1 aux Philippines, 12 en Iran, 4 sur le bateau de croi­sière "Diamond Princess", 1 à Taïwan, 8 en Corée du Sud, 6 en Italie

Pour mémoire, le 31/12/2019, l’OMS a été infor­mée par les auto­ri­tés chi­noi­ses d’un épisode de cas grou­pés de pneu­mo­nies dont tous les cas avaient un lien avec un marché d’ani­maux vivants dans la ville de Wuhan, en Chine, le Huanan South China Seafood Market. Le 09/01/2020, un nou­veau coro­na­vi­rus (2019-nCoV) a été iden­ti­fié comme étant la cause de cet épisode. Parmi les pre­miers cas détec­tés à Wuhan, la plu­part tra­vaillaient dans le Huanan South China Seafood Market où des ani­maux vivants sont vendus, ou l’ont fré­quem­ment visité, indi­quant une pro­ba­ble conta­mi­na­tion d’ori­gine ani­male. Le marché a été fermé et désin­fecté le 1er jan­vier, mais la source d’infec­tion n’a pas été for­mel­le­ment iden­ti­fiée à ce jour.

Les symp­tô­mes décrits évoquent prin­ci­pa­le­ment une infec­tion res­pi­ra­toire aiguë (fièvre, toux), mais des dif­fi­cultés res­pi­ra­toi­res et des ano­ma­lies pul­mo­nai­res détec­ta­bles radio­lo­gi­que­ment sont également décrits, ainsi que des formes plus sévè­res.

Douze cas d’infec­tion par le coro­na­vi­rus COVID-19 ont été décla­rés en France à ce jour. Au 21 février, parmi ces 12 cas, 1 patient est décédé et 1 per­sonne est encore hos­pi­ta­li­sée. Les autres, gué­ries, sont sor­ties. L’iso­le­ment des patients à l’hôpi­tal et la mise en œuvre de cette sur­veillance a pour objec­tif de pré­ve­nir des trans­mis­sions secondai­res à partir de ces cas.

Une deuxième ligne d’établissements de santé a été iden­ti­fiée incluant les établissements de santé sièges de SAMU pour dis­po­ser dans chaque dépar­te­ment d’au moins un établissement pour assu­rer la prise en charge de patients COVID-19. En paral­lèle, les capa­ci­tés de diag­nos­tic dans les labo­ra­toi­res dédiés sont aug­men­tées pour per­met­tre de réa­li­ser des RT-PCR COVID-19 en tout point du ter­ri­toire.

A ce jour, il n’existe pas de trai­te­ment spé­ci­fi­que au Covid-19 dis­po­ni­ble, et le trai­te­ment est essen­tiel­le­ment symp­to­ma­ti­que.

Les patients avec des mala­dies chro­ni­ques préexis­tan­tes telles que l’hyper­ten­sion, mala­dies car­dio­vas­cu­lai­res, dia­bète, mala­dies hépa­ti­ques, mala­dies res­pi­ra­toi­res sem­blent plus sus­cep­ti­bles de déve­lop­per des formes sévè­res, de même que les per­son­nes âgées.

La mala­die se trans­met par les pos­tillons (éternuements, toux). On consi­dère donc que des contacts étroits (1 mètre) sont néces­sai­res pour trans­met­tre la mala­die. Le port du masque chi­rur­gi­cal est recom­mandé pour les per­son­nes mala­des symp­to­ma­ti­ques pour éviter de dif­fu­ser la mala­die par voie aérienne.

Une ana­lyse a été menée pour évaluer le niveau d’expo­si­tion de ces per­son­nes contacts aux cas confir­més. Certains contacts ont été consi­dé­rés comme étant sus­cep­ti­bles de donner lieu à une trans­mis­sion du virus. Les per­son­nes concer­nées ont été infor­mées et une conduite à tenir leur a été trans­mise. Celle-ci consiste à :
- un suivi actif durant 14 jours après le der­nier contact avec le cas ;
- appe­ler le 15 en cas de symp­tô­mes, en évitant de se rendre direc­te­ment chez un méde­cin ou dans un ser­vice d’accueil des urgen­ces ;
- pren­dre sa tem­pé­ra­ture 2 fois par jour, tous les jours ;
- porter un masque chi­rur­gi­cal en cas d’appa­ri­tion des pre­miers symp­tô­mes de fièvre ou de signes res­pi­ra­toi­res.

Il est pro­ba­ble que ce coro­na­vi­rus soit simi­laire à celui des autres coro­na­vi­rus humains, qui sont géné­ra­le­ment trans­mis lors de contacts étroits après l’inha­la­tion de gout­te­let­tes infec­tieu­ses émises lors d’éternuements ou de toux par le cas ou après un contact avec des sur­fa­ces fraî­che­ment conta­mi­nées par ces secré­tions.

Le coro­na­vi­rus peut per­sis­ter sur les sur­fa­ces et rester infec­tieux à tem­pé­ra­ture ambiante jusqu’à 9 jours. En moyenne, ils sur­vi­vent plutôt entre 4 et 5 jours mais les basses tem­pé­ra­tu­res et l’humi­dité de l’air peu­vent pro­lon­ger leur durée de vie.
https://www.san­te­log.com/actua­li­tes/coro­na­vi­rus-quelle-duree-de-survie-sur-les-sur­fa­ces-conta­mi­nees

Conduite à tenir

Si un patient vous contacte, il doit s’adres­ser au Centre 15. Il ne doit pas passer par un ser­vice d’urgen­ces ou une salle d’attente de cabi­net de soins. Le 15 va orga­ni­ser direc­te­ment sa prise en charge avec les mesu­res ci-des­sous, afin d’éviter le contact avec d’autres patients. Des pré­cau­tions d’hygiène doi­vent être mises en place dès la sus­pi­cion du cas, que ce soit en cabi­net de ville ou en milieu hos­pi­ta­lier.

De façon géné­rale, il est rap­pelé que la prise en charge en milieu de soins (visi­tes, consul­ta­tions,…), d’un patient pré­sen­tant des signes res­pi­ra­toi­res infec­tieux (en par­ti­cu­lier d’une toux) doit s’accom­pa­gner de la mise en place d’un masque chi­rur­gi­cal anti-pro­jec­tions chez le patient et que le pro­fes­sion­nel de santé doit assu­rer sa pro­tec­tion (masque, lunet­tes et hygiène des mains).

Tous les pro­fes­sion­nels de santé sont sus­cep­ti­bles de pren­dre en charge un cas sus­pect de COVID-19 et doi­vent donc se pré­pa­rer à cette éventualité. L’appel au SAMU-Centre 15 devant tout cas sus­pect doit être sys­té­ma­ti­que pour orga­ni­ser le clas­se­ment du cas et sa prise en charge.

Les équipements néces­sai­res à la mise en place des mesu­res d’hygiène pour la prise en charge d’un cas sus­pect de COVID-19 sont ceux recom­man­dés pour la prise en charge d’un cas sus­pect de mala­die à trans­mis­sion res­pi­ra­toire :
- Pour le pro­fes­sion­nel de santé : appa­reil de pro­tec­tion res­pi­ra­toire (APR) de type FFP2, solu­tion hydro-alcoo­li­que (SHA) pour désin­fec­ter les mains avant et après le soin et dès le retrait des gants, gants non sté­ri­les à usage unique, lunette de pro­tec­tion en plus de l’APR FFP2 pen­dant un soin expo­sant, ther­mo­mè­tre sans contact ou à usage unique pour la véri­fi­ca­tion de la tem­pé­ra­ture du patient.
- Pour le patient : SHA pour désin­fec­ter les mains, masque chi­rur­gi­cal.

Le minis­tère des Solidarités et de la Santé met à jour les recom­man­da­tions pour les pro­fes­sion­nels de santé sur son site inter­net : https://soli­da­ri­tes-sante.gouv.fr/soins-et-mala­dies/mala­dies/mala­dies-infec­tieu­ses/coro­na­vi­rus/coro­na­vi­rus-PS

Vous trou­ve­rez les recom­man­da­tions actua­li­sées de la mis­sion natio­nale de coor­di­na­tion opé­ra­tion­nelle risque épidémique et bio­lo­gi­que (COREB) sur son site inter­net :
https://www.coreb.infec­tio­lo­gie.com/fr/aler­tes-infos/covid-19_-n.html

Vous trou­ve­rez les dif­fé­ren­tes recom­man­da­tions et vidéos péda­go­gi­ques mises à dis­po­si­tion par la société fran­çaise d’hygiène hos­pi­ta­lière :
https://www.sf2h.net/publi­ca­tions/coro­na­vi­rus-2019-ncov

Important : Avant de réa­li­ser les pré­lè­ve­ments ou un examen cli­ni­que, le soi­gnant assure sa pro­tec­tion en res­pec­tant l’asso­cia­tion de pré­cau­tions com­plé­men­tai­res de type « Air » et de type « Contact » décri­tes dans l’Annexe 3 de l’avis du HCSP du 24/04/2015.

Concernant la désin­fec­tion des maté­riels, les coro­na­vi­rus sont sen­si­bles à l’hypo­chlo­rite de sodium (eau de Javel) à 0,1 %, aux com­po­sés orga­no­chlo­rés à 0,1 %, aux iodo­pho­res à 10 %, à l’éthanol à 70 % et au glu­ta­ral­dé­hyde à 2 %, aux com­po­sés d’ammo­nium qua­ter­naire à 0,04 % et aux déri­vés phé­no­li­ques. Les stra­té­gies de désin­fec­tion de maté­riels et de l’envi­ron­ne­ment actuel­le­ment conseillées sont celles clas­si­que­ment uti­li­sées dans les établissements.

Un examen bio­lo­gi­que spé­ci­fi­que est néces­saire à la confir­ma­tion de l’infec­tion au 2019-nCoV. Un examen de détec­tion rapide a été déve­loppé par le centre natio­nal de réfé­rence des virus res­pi­ra­toi­res. A ce jour, il est pra­ti­qué par le CNR (Institut Pasteur) et en cours de déploie­ment dans d’autres labo­ra­toi­res de bio­lo­gie médi­cale (LBM).

La sur­ve­nue de cas confir­més en France était atten­due. L’iso­le­ment des patients à l’hôpi­tal et la mise en œuvre de cette sur­veillance a pour objec­tif de pré­ve­nir des trans­mis­sions secondai­res. Cet évènement ne remet pas en cause l’ana­lyse de risque en faveur d’un risque actuel­le­ment très faible de cir­cu­la­tion du virus dans la popu­la­tion fran­çaise.

En lien avec le CNR Virus des infec­tions res­pi­ra­toi­res, la Direction géné­rale de la santé et la COREB, Santé publi­que France a élaboré un dis­po­si­tif de sur­veillance ren­for­cée des­tiné à détec­ter d’éventuels cas impor­tés. Dans ce cadre, une défi­ni­tion de cas et une conduite à tenir face à un patient sus­pect reve­nant de Wuhan sont dis­po­ni­bles ci-des­sous.

Pour plus d’infor­ma­tions, voir :
- le site du minis­tère des Solidarités et de la Santé https://soli­da­ri­tes-sante.gouv.fr/soins-et-mala­dies/mala­dies/mala­dies-infec­tieu­ses/coro­na­vi­rus/
- https://www.san­te­pu­bli­que­france.fr/mala­dies-et-trau­ma­tis­mes/mala­dies-et-infec­tions-res­pi­ra­toi­res/infec­tion-a-coro­na­vi­rus/arti­cles/covid-19-situa­tion-epi­de­mio­lo­gi­que-inter­na­tio­nale

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