Santé mentale : audition du SNPI à l’Assemblée Nationale

28 février 2013

Le SNPI a été audi­tionné le 22 février 2013 par la mis­sion d’infor­ma­tion sur la santé men­tale et l’avenir de la psy­chia­trie de l’Assemblée natio­nale « La prio­rité sera de tra­vailler sur la loi du 5 juillet 2011 rela­tive aux droits et à la pro­tec­tion des per­son­nes fai­sant l’objet de soins psy­chia­tri­ques [en partie cen­su­rée par le Conseil cons­ti­tu­tion­nel], qui doit être réfor­mée avant le 1er octo­bre pro­chain, a déclaré Denys Robiliard (PS), rap­por­teur de la mis­sion. On réflé­chira à la psy­chia­trie plus lar­ge­ment dans un second temps. »

Sur la ques­tion de l’hos­pi­ta­li­sa­tion sous contrainte, au cœur de cette loi, le syn­di­cat infir­mier de la CFE-CGC a dénoncé les dif­fi­cultés entraî­nées par l’obli­ga­tion d’accom­pa­gner les patients au tri­bu­nal afin que le juge des liber­tés et de la déten­tion statue sur leur cas. « C’est le plus gros pro­blème de cette loi, a lancé Thierry Amouroux, secré­taire géné­ral du Syndicat natio­nal des pro­fes­sion­nels infir­miers (SNPI). Souvent, il faut atten­dre plu­sieurs heures, les patients sont très inquiets de cette audience, ils se deman­dent « ce qu’ils ont fait », cela néces­site une réas­su­rance per­ma­nente pour cer­tains. Nous deman­dons que les audien­ces se dérou­lent dans les cen­tres hos­pi­ta­liers, ce qui éviterait par ailleurs de dégar­nir les ser­vi­ces de soins. »

Le SNPI demande aussi la fin de l’expé­ri­men­ta­tion des média­teurs en santé men­tale, qui consiste à ce que d’anciens mala­des soient sala­riés et inté­grés aux équipes de soins.

Thierry Amouroux a affirmé que le recours à la conten­tion en psy­chia­trie ten­dait à aug­men­ter en raison d’un manque de per­son­nel criant, et d’une charge de tra­vail crois­sante. Le fait conduire les mala­des au tri­bu­nal réduit encore la pré­sence des soi­gnants dans les ser­vi­ces. La "perte de sens" qui en résulte engen­dre "un turn-over impor­tant" dans les équipes soi­gnan­tes, car la conten­tion n’est pas une simple option, mais un moyen de der­nier recours.

Master en santé men­tale

Depuis la sup­pres­sion du diplôme d’infir­mier de sec­teur psy­chia­tri­que (ISP), en 1992, la for­ma­tion ini­tiale en santé men­tale des infir­miers ne s’effec­tue plus que dans le cadre des études de soins géné­raux. Le SNPI ne sou­haite pas un retour à l’ancien sys­tème à deux filiè­res, mais il y a un pro­blème de "perte de com­pé­ten­ces" depuis 1992, qui ne fait qu’aug­men­ter avec les départs en retraite des anciens ISP, car les IDE formés aujourd’hui man­quent d’une for­ma­tion per­met­tant de répon­dre à la diver­si­fi­ca­tion des soins offerts en psy­chia­trie.

Le secré­taire géné­ral du Syndicat natio­nal des pro­fes­sion­nels infir­miers (SNPI-CFE-CGC), Thierry Amouroux, a donc demandé la créa­tion d’un cadre sta­tu­taire d’infir­mier spé­cia­lisé en psy­chia­trie et santé men­tale, dans le cadre d’une for­ma­tion uni­vers­taire en Master 2. Il fau­drait au moins un tel pro­fes­sion­nel par unité de soins pour aider les équipes soi­gnan­tes, et assu­rer la prise en soins des patients com­plexes. Leur pré­sence serait également sou­hai­ta­bles dans les ser­vi­ces d’urgen­ces des hôpi­taux géné­raux, qui man­quent de telles com­pé­ten­ces.

Il existe déjà un master de scien­ces cli­ni­ques en soins infir­miers à l’Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines qui pro­pose une spé­cia­li­sa­tion en psy­chia­trie et santé men­tale, mais il faut encore créer le métier sta­tu­taire pour que les pro­fes­sion­nels formés puis­sent béné­fi­cier d’une reconnais­sance sta­tu­taire, avec une grille sala­riale, sur le modèle des IBODE, pué­ri­cultri­ces et IADE.

Les syn­di­cats d’infir­miers devraient être à nou­veau audi­tion­nés par la mis­sion par­le­men­taire d’ici la fin de ses tra­vaux, a affirmé son rap­por­teur, le député Denys Robiliard (PS, Loiret).

Voir également :
 http://www.infir­miers.com/actua­li­tes/actua­li­tes/assem­blee-des-infir­miers-plai­dent-pour-un-master-en-psy­chia­trie.html
 http://www.espa­cein­fir­mier.com/actua­li­tes/detail/63202-publi­ca­tion-1/la-for­ma­tion-des-infir­miers-en-psy­chia­trie-remise-en-cause.html
 http://www.actu­soins.com/12964/nou­veau-plai­doyer-pour-un-master-infir­mier-en-psy­chia­trie.html
 http://http5.assem­blee­na­tio­nale.yacast.net/assem­blee­na­tio­nale/mp4/ida/domain1/2013/02/309438.mp4

Partager l'article
     

Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Plan Bayrou : une brutalité sans précédent contre les patients et les soignants

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI CFE-CGC) dénonce un plan d’économies de (…)

Médicaments cytotoxiques : sauver des vies en risquant la sienne

Ils sauvent des vies. Mais ils menacent aussi celles qui les administrent. Dans les services (…)

Protéger ceux qui soignent, c’est protéger la santé des français

À la suite d’une agression commise contre une infirmière libérale, une vingtaine d’organisations (…)

Notre voix, notre profession : pas de porte-parole autoproclamé pour les infirmiers !

Paris le 20 août 2025 - À l’heure où notre système de santé traverse une période de tension et (…)

Infirmières face aux inégalités de santé : "aller-vers" la justice sociale

Les inégalités sociales de santé ne sont pas des abstractions statistiques. Elles se mesurent en (…)

Soigner les soignants : des discours aux actes, le fossé se creuse

Des soignants en bonne santé, c’est la base pour des soins de qualité et des patients en (…)