Santé mentale : l’urgence d’une réponse de santé publique

Santé mentale : l’urgence d’une réponse de santé publique

19 avril 2026

La santé men­tale est deve­nue une « grande cause natio­nale ». Mais sur le ter­rain, c’est une urgence silen­cieuse qui s’ins­talle.

Les don­nées publiées par la FHF confir­ment ce que les soi­gnants cons­ta­tent chaque jour : une dégra­da­tion rapide, pro­fonde, et sur­tout iné­ga­li­taire. Les jeunes et les femmes sont en pre­mière ligne. Plus d’un Français sur deux pré­sente des signes d’anxiété, et près d’un sur quatre un trou­ble anxieux pro­ba­ble . Chez les 18-24 ans, les chif­fres explo­sent.

Le signal le plus alar­mant est ailleurs. Il est brutal. Les hos­pi­ta­li­sa­tions pour ten­ta­tive de sui­cide ont aug­menté de 16,6 % en cinq ans, avec une hausse de +118 % chez les ado­les­cen­tes de 10 à 14 ans . Derrière ces chif­fres, ce sont des tra­jec­toi­res de vie qui bas­cu­lent.

Oui, la FHF a raison d’aler­ter. Mais il faut dire les choses clai­re­ment : nous ne sommes plus face à une crise conjonc­tu­relle. Nous fai­sons face à une défaillance struc­tu­relle de notre sys­tème de santé men­tale.

Car l’autre ensei­gne­ment majeur de cette enquête, c’est l’accès aux soins. Près d’un Français sur deux concerné ren­contre des obs­ta­cles. Chez les jeunes, c’est 79 %. Et plus d’un sur deux n’arrive tout sim­ple­ment pas à obte­nir de rendez-vous .

Comment accep­ter qu’un jeune en souf­france doive atten­dre des mois ? Comment tolé­rer que 75 % d’entre eux renon­cent à consul­ter par peur du diag­nos­tic ?

On ne répon­dra pas à cette crise uni­que­ment par plus de lits ou plus de psy­chia­tres. Il faut chan­ger d’échelle. Et sur­tout chan­ger de modèle.

La santé men­tale est une ques­tion de santé publi­que. Elle com­mence bien avant l’hôpi­tal. À l’école. Dans les famil­les. Dans les ter­ri­toi­res.

C’est là que la pro­fes­sion infir­mière a un rôle déci­sif à jouer.

Repérage pré­coce. Évaluation cli­ni­que. Suivi de proxi­mité. Éducation à la santé men­tale. Aller vers les publics qui ne consul­tent pas. Créer du lien là où il n’y en a plus.

Partout où des dis­po­si­tifs inno­vants exis­tent, ils repo­sent sur cette proxi­mité. Et pour­tant, cette res­source reste sous-uti­li­sée.

Si nous vou­lons éviter que cette crise ne devienne une géné­ra­tion sacri­fiée, il faut inves­tir mas­si­ve­ment dans les soins de pre­mier recours, struc­tu­rer de véri­ta­bles par­cours en santé men­tale, et reconnaî­tre plei­ne­ment le rôle des infir­miè­res dans ce champ.

Les chif­fres sont connus. Les solu­tions aussi. Ce qui manque encore, c’est le cou­rage de passer d’une logi­que de réac­tion… à une stra­té­gie de pré­ven­tion.

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