Le rapport Berland et les Infirmières Cliniciennes Spécialistes

6 mai 2006

Extrait des pages 49 à 52 consacrées aux infirmières, du Rapport "COOPERATION DES PROFESSIONS DE SANTE : LE TRANSFERT DE TACHES ET DE COMPETENCES" présenté par le Professeur Yvon BERLAND en octobre 2003.

Il appa­raît sou­hai­ta­ble de créer le métier d’Infirmière Clinicienne Spécialiste à l’instar de ce qui a été fait avec les Infirmières Anesthésistes Diplômées d’Etat (IADE) dans le domaine de l’anes­thé­sie, des infir­miers de Bloc Opératoire Diplômés d’Etat (IBODE) dans le domaine de la chi­rur­gie, et des pué­ri­cultri­ces en Pédiatrie, en sachant qu’une for­ma­tion théo­ri­que plus pous­sée que celle déli­vrée actuel­le­ment par ces trois spé­cia­li­tés sera néces­saire.

Après les trois années d’études condui­sant au diplôme d’Infirmière Diplômée d’Etat, les infir­miè­res ainsi titu­lai­res d’un niveau de for­ma­tion Licence Professionnelle en soins Infirmiers auraient la pos­si­bi­lité de se spé­cia­li­ser pour attein­dre le grade de Master. Ce Master infir­mier pour­rait être décliné en trois options :
 Gestion, pour former les cadres de santé
 Formation, débou­chant sur le métier d’ensei­gnant
 Soins, pré­pa­rant aux Infirmières Cliniciennes Spécialistes.

Cette der­nière option devrait pou­voir se décli­ner en dif­fé­ren­tes spé­cia­li­tés condui­sant aux pra­ti­ques spé­cia­li­sées. Le Master men­tion « Soins Infirmiers » com­pren­drait une pre­mière année de for­ma­tion com­mune, la deuxième année étant réser­vée à une for­ma­tion spé­ci­fi­que à l’option. L’inté­rêt de ce schéma est de per­met­tre à une Infirmière Clinicienne Spécialiste de pou­voir se diri­ger vers d’autres pra­ti­ques au cours de sa vie pro­fes­sion­nelle moyen­nant un com­plé­ment de for­ma­tion tenant compte de ses acquis de for­ma­tion.

Ces Infirmières Cliniciennes Spécialistes pour­raient avoir dif­fé­ren­tes mis­sions :
 Participation au suivi en consul­ta­tion des mala­dies chro­ni­ques sui­vant une pro­cé­dure par­fai­te­ment établie par les méde­cins et en concer­ta­tion avec lui.
 Coordination des exa­mens de suivi et de reconduc­tion
 Suivi de la bonne exé­cu­tion des trai­te­ments et sur­veillance de leur tolé­rance
 Intervention dans le domaine de la pré­ven­tion, de l’éducation et du dépis­tage.

Plusieurs dis­ci­pli­nes sont en demande, à titre d’exem­ple :

a) En Gastro-enté­ro­lo­gie, il pour­rait être confié à des Infirmières Cliniciennes Spécialistes sous l’auto­rité des méde­cins spé­cia­lis­tes :
 Le suivi des mala­dies chro­ni­ques : hépa­tite C, patients cir­rho­ti­ques, patients atteints de mala­dies inflam­ma­toi­res chro­ni­ques et de l’intes­tin.
 Le suivi des patients atteints de can­cers diges­tifs et soumis à des endo­sco­pies ité­ra­ti­ves.
 La réa­li­sa­tion des exa­mens d’explo­ra­tion fonc­tion­nelle diges­tive.

b) En Cardiologie, le rôle de l’Infirmière Clinicienne Spécialiste serait la prise en charge cli­ni­que des patho­lo­gies car­dio­vas­cu­lai­res notam­ment l’insuf­fi­sance car­dia­que chro­ni­que pour l’éducation, le pro­nos­tic, le dépis­tage, la coor­di­na­tion de réseaux de soins.

c) En Néphrologie, les Infirmières Cliniciennes Spécialistes pour­raient se voir trans­fé­rer sous l’auto­rité des méde­cins spé­cia­lis­tes un cer­tain nombre d’acti­vi­tés :
 Au cours du suivi des mala­des ayant une insuf­fi­sance rénale chro­ni­que : suivi de para­mè­tres cli­ni­ques et bio­lo­gi­ques préa­la­ble­ment défi­nis, pla­ni­fi­ca­tion du suivi bio­lo­gi­que...
 Au cours de la pré­pa­ra­tion au trai­te­ment sub­sti­tu­tif par dia­lyse : éducation, infor­ma­tion.
 Au cours du suivi du patient dia­lysé : sur­veillance d’éléments direc­te­ment liés à la dia­lyse, sur­veillance bio­lo­gi­que, sur­veillance des vac­ci­na­tions...
 Au cours du suivi des mala­des trans­plan­tés : sur­veillance des para­mè­tres cli­ni­ques et bio­lo­gi­ques avec alerte aux méde­cins en cas d’ano­ma­lies pré-établies.

d) En Cancérologie, les Infirmières Cliniciennes Spécialistes devraient pou­voir pren­dre en charge l’exé­cu­tion pra­ti­que de la chi­mio­thé­ra­pie, la consul­ta­tion de reconduc­tion de chi­mio­thé­ra­pie, la sur­veillance post thé­ra­peu­ti­que pour les patients en rémis­sion com­plète selon un pro­to­cole clai­re­ment établi par le méde­cin spé­cia­liste.

e) En Diabétologie, les Infirmières Cliniciennes Spécialistes pour­raient selon un pro­to­cole pré-établi par le méde­cin spé­cia­liste, pren­dre en charge une partie du suivi des patients dia­bé­ti­ques avec une action cen­trée sur l’éducation, le conseil et la sur­veillance de para­mè­tres bio­lo­gi­ques sim­ples.

f) En soins pri­mai­res, des Infirmières Cliniciennes Spécialistes de soins pri­mai­res doi­vent être iden­ti­fiées pour par­ti­ci­per au sein de cabi­nets de groupe de méde­cine géné­rale à la prise en charge de patients dans le cadre du conseil, de l’éducation, de la pré­ven­tion, du suivi de trai­te­ments.

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rapport Berland - (391 kio) - PDF
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