Non, les infirmières ne laissent pas des nourrissons mourir de solitude à l’hôpital

Non, les infirmières ne laissent pas des nourrissons mourir de solitude à l’hôpital

11 juillet 2026

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) exprime sa pro­fonde indi­gna­tion après la dif­fu­sion du repor­tage inti­tulé « Aide sociale à l’enfance : des nour­ris­sons qui se lais­sent mourir à l’hôpi­tal ».

Oui, la crise de la pro­tec­tion de l’enfance est une réa­lité. Oui, cer­tains nour­ris­sons res­tent hos­pi­ta­li­sés plu­sieurs semai­nes, par­fois plu­sieurs mois, faute de places en pou­pon­nière ou en famille d’accueil. Cette situa­tion est connue depuis plu­sieurs années et a été dénon­cée par de nom­breux pro­fes­sion­nels comme par le Sénat. Elle cons­ti­tue une perte de chance pour ces enfants.

Mais rien ne peut jus­ti­fier une pré­sen­ta­tion qui laisse croire que les équipes hos­pi­ta­liè­res aban­don­ne­raient ces bébés à leur sort.

Les termes employés dans la pro­mo­tion du repor­tage sont par­ti­cu­liè­re­ment cho­quants. Ils évoquent des « ser­vi­ces hos­pi­ta­liers de l’Aide sociale à l’enfance », alors que de tels ser­vi­ces n’exis­tent pas. Ces nour­ris­sons sont accueillis dans des ser­vi­ces de mater­nité, de néo­na­ta­lo­gie ou de pédia­trie, où ils sont pris en charge jour et nuit par des infir­miè­res, des infir­miè­res pué­ri­cultri­ces, des auxi­liai­res de pué­ri­culture et des méde­cins.

Affirmer ou lais­ser enten­dre que ces bébés res­tent « des mois sans inte­rac­tions » revient à nier le tra­vail quo­ti­dien de mil­liers de soi­gnants. Chaque jour, ces pro­fes­sion­nels les nour­ris­sent, les por­tent, les chan­gent, les sur­veillent, leur par­lent, les conso­lent et ten­tent de leur offrir, malgré des condi­tions extrê­me­ment dif­fi­ci­les, toute l’atten­tion dont ils ont besoin.
https://x.com/public­se­nat/status/2075253349226533026?s=20

Les infir­miè­res ne sont pas res­pon­sa­bles de la pénu­rie de famil­les d’accueil, du manque de places en pou­pon­nière ou des dif­fi­cultés de l’Aide sociale à l’enfance.

Le véri­ta­ble sujet n’est pas l’absence d’huma­nité des équipes hos­pi­ta­liè­res. Le véri­ta­ble sujet est qu’un hôpi­tal, aussi engagé soit son per­son­nel, ne peut rem­pla­cer une famille ni une figure d’atta­che­ment stable. Les soi­gnants le savent mieux que qui­conque et sont sou­vent les pre­miers à souf­frir de cette situa­tion.

Le repor­tage semble également faire un rac­courci his­to­ri­que. Le véri­ta­ble syn­drome d’hos­pi­ta­lisme concer­nait des ins­ti­tu­tions des années 1940 où les enfants rece­vaient essen­tiel­le­ment nour­ri­ture, hygiène et soins phy­si­ques, mais très peu d’inte­rac­tions indi­vi­dua­li­sées. Les ser­vi­ces hos­pi­ta­liers fran­çais actuels n’ont plus rien de com­pa­ra­ble. Les connais­san­ces en déve­lop­pe­ment de l’enfant ont pro­fon­dé­ment trans­formé les pra­ti­ques : soins de déve­lop­pe­ment ; peau à peau ; ver­ba­li­sa­tion des soins ; sti­mu­la­tion sen­so­rielle.

Assimiler un ser­vice hos­pi­ta­lier moderne à un orphe­li­nat des années 1940 est insul­tant pour la pro­fes­sion infir­mière et pour nos hôpi­taux.

En dési­gnant impli­ci­te­ment l’hôpi­tal comme le lieu où « des nour­ris­sons se lais­sent mourir », cette com­mu­ni­ca­tion fait peser sur les pro­fes­sion­nels une res­pon­sa­bi­lité qui n’est pas la leur. Elle nour­rit une défiance injus­ti­fiée envers des équipes qui exer­cent leur métier avec com­pé­tence, bien­veillance et un enga­ge­ment remar­qua­ble.

Le SNPI demande que le débat public retrouve toute sa rigueur.

Dénoncer les insuf­fi­san­ces de la pro­tec­tion de l’enfance est indis­pen­sa­ble.

Mettre en cause, même indi­rec­te­ment, des infir­miè­res et des pué­ri­cultri­ces qui consa­crent leur quo­ti­dien à pro­té­ger ces enfants est inac­cep­ta­ble.

Le SNPI appelle les médias à trai­ter ces sujets avec toute la pré­ci­sion qu’ils méri­tent. Informer est une res­pon­sa­bi­lité. Ne pas jeter le dis­cré­dit sur des pro­fes­sion­nels qui accom­plis­sent leur mis­sion dans des condi­tions par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­ci­les en est une autre.

Le repor­tage en cause indi­que :
"Aide sociale à l’enfance : des nour­ris­sons qui se lais­sent mourir à l’hôpi­tal Dans les ser­vi­ces hos­pi­ta­liers de l’Aide sociale à l’enfance, le manque de per­son­nel et de famil­les d’accueil peut par­fois se révé­ler mortel pour les bébés. Faute de place, ils demeu­rent des mois dans l’hôpi­tal sans inte­rac­tions. Cet iso­le­ment peut pro­vo­quer chez eux un "syn­drome d’hos­pi­ta­lisme", qui plonge le bébé dans la dépres­sion et peut le conduire jusqu’à la mort. https://x.com/public­se­nat/status/2075253349226533026?s=20

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Non, les infirmières ne laissent pas des nourrissons mourir de solitude à l’hôpital

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) exprime sa profonde indignation après (…)

Peut-on défendre tous les droits lorsqu’on a combattu certains d’entre eux ?

Le Défenseur des droits n’est pas un responsable politique. Il est le garant d’une institution (…)

Accès direct aux infirmières : la dernière pièce du puzzle manque toujours

Le 27 juin 2025, le Parlement adoptait à l’unanimité la loi relative à la profession (…)

Grève IBODE à Necker : un révélateur de la crise d’attractivité infirmière à l’hôpital

Un bloc opératoire ne se met pas en difficulté en quelques semaines. Il révèle souvent des (…)

Guide HAS sur les patients partenaires : une avancée majeure qui doit mieux reconnaître les compétences infirmières

« Rien sur nous sans nous. » Cette revendication, née des mouvements de défense des droits des (…)

SOS Canicule : l’appel pour adapter les hôpitaux et protéger les patients !

S.O.S ! Combien de canicules faudra-t-il encore avant que nos établissements de santé soient (…)