Puéricultrices et IBODE en attente de master

7 avril 2013

La mas­té­ri­sa­tion, point de mire des spé­cia­li­tés infir­miè­res

Pour l’heure, seule la reconnais­sance de la for­ma­tion des infir­miers anes­thé­sis­tes au niveau master 2 est acquise.

Le Syndicat natio­nal des infir­miers anes­thé­sis­tes peut souf­fler. Après des années d’efforts, voilà leur diplôme enfin reconnu au grade de master, pour les étudiants entrés en for­ma­tion depuis la ren­trée 2012. La pro­fes­sion peut appré­cier, tant la France est longue à ins­crire ses cursus infir­miers dans le pro­ces­sus de Bologne (lire l’enca­dré Définition). « En 2009, lors­que la for­ma­tion ini­tiale des infir­miers a été reconnue au niveau licence, nous étions parmi les tout der­niers pays de l’Union euro­péenne à entrer dans ce sys­tème », déplore le secré­taire géné­ral du SNPI CFE-CGC (1), Thierry Amouroux. Il aura fallu l’action mus­clée des infir­miers anes­thé­sis­tes – avec le blo­cage de la gare Montparnasse en 2010 notam­ment – pour que le minis­tère de la Santé s’engage à vali­der leur diplôme au niveau master 2.

Perspectives d’évolution

« Pourtant, il s’agit seu­le­ment d’être reconnus pour ce que l’on est et ce que l’on fait », expli­que Thierry Amouroux. En effet, la spé­cia­li­sa­tion des infir­miers anes­thé­sis­tes diplô­més d’Etat (Iade) durait d’ores et déjà deux ans, et leurs com­pé­ten­ces et res­pon­sa­bi­li­tés ne sont plus à démon­trer. « Nombre de blocs opé­ra­toi­res fonc­tion­nent essen­tiel­le­ment avec des Iade, sous la super­vi­sion d’un méde­cin anes­thé­siste pour six à huit blocs », pour­suit le syn­di­ca­liste. Par ailleurs, la « mas­té­ri­sa­tion » doit ouvrir des pers­pec­ti­ves d’évolution, vers la recher­che notam­ment. Une dimen­sion for­te­ment valo­ri­sée dans la nou­velle mou­ture du réfé­ren­tiel de for­ma­tion.

A tra­vers cette reconnais­sance uni­ver­si­taire, c’est bien l’attrac­ti­vité du métier qui est en jeu, dans un contexte démo­gra­phi­que tendu. Un cons­tat iden­ti­que dans les autres spé­cia­li­tés. En novem­bre 2011, les infir­miers de bloc opé­ra­toire diplô­més d’Etat (Ibode) ont ainsi adressé aux séna­teurs une lettre, dans laquelle ils évoquent des écoles déser­tées et une « déqua­li­fi­ca­tion dans les blocs opé­ra­toi­res des sec­teurs publics et privés [attei­gnant] un seuil non accep­ta­ble ».

S’appuyant sur les avan­cées obte­nues par les Iade, les Ibode et les infir­miers pué­ri­culteurs reven­di­quent une égalité de trai­te­ment des trois spé­cia­li­tés. Mais, pour l’heure, sans succès. Pourtant, le par­cours des Ibode – désor­mais formés en dix-huit mois – a été repensé pour attein­dre les deux ans requis. « Les réfé­ren­tiels sont prêts, mais le dos­sier est bloqué poli­ti­que­ment et bud­gé­tai­re­ment, du fait des reva­lo­ri­sa­tions sala­ria­les à pré­voir et du coût de la for­ma­tion », rap­porte Thierry Amouroux.

Concernant les infir­miers pué­ri­culteurs, un tra­vail de réin­gé­nie­rie du diplôme est également mené. La for­ma­tion s’effec­tue aujourd’hui en 1 500 heures, soit 42 semai­nes à temps plein. Bien davan­tage, donc, qu’une année uni­ver­si­taire, mais bien moins que deux. Selon les orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nel­les, la « mas­té­ri­sa­tion » serait l’occa­sion de repen­ser la pro­fes­sion pour mieux répon­dre aux besoins des popu­la­tions et offrir un champ de com­pé­ten­ces élargi et spé­ci­fi­que aux infir­miers pué­ri­culteurs (lire le témoi­gnage).

Réorganisation

« Les infir­miers pué­ri­culteurs seront sans doute les der­niers à obte­nir le niveau master 2, parce que cela impli­que une réor­ga­ni­sa­tion com­plète de leur par­cours », pro­nos­ti­que Thierry Amouroux. Ce der­nier a cepen­dant bon espoir que d’autres for­ma­tions infir­miè­res entrent dans le cadre de la « mas­té­ri­sa­tion », notam­ment celles rela­ti­ves aux « pra­ti­ques avan­cées » ou aux « métiers en santé de niveau inter­mé­diaire » décrits dans le rap­port « Hénart » de jan­vier 2011 (2).

NOTES
(1) Syndicat natio­nal des pro­fes­sion­nels infir­miers – Confédération fran­çaise de l’enca­dre­ment – Confédération géné­rale des cadres.

(2) Rapport rela­tif aux métiers en santé de niveau inter­mé­diaire. Professionnels d’aujourd’hui et nou­veaux métiers : des pistes pour avan­cer.

Source
http://infos.gazette-sante-social.fr/3635/la-mas­te­ri­sa­tion-point-de-mire-des-spe­cia­li­tes-infir­mie­res

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