Mobilisation santé-social unitaire le 8 mars 2021 #hopitaux #cliniques #EHPAD

20 février 2021

8 mars 2021 : jour­née inter­na­tio­nale de lutte pour les droits des femmes
Appel à une jour­née de mobi­li­sa­tion et de Grève Nationale dans le sec­teur de la Santé, du Médico-social et du Social.

POUR LES DROITS DES FEMMES, DES MOYENS POUR L’HÔPITAL, LA SANTÉ ET LE SOCIAL

Sortie pré­ma­tu­rée de l’hôpi­tal, éloignement des lieux de consul­ta­tion, de soins, liste d’attente pour un EHPAD... tout cela repose sur les aidants, le plus sou­vent des aidan­tes !

La lutte pour un hôpi­tal public de qua­lité, de proxi­mité, pour l’accès aux soins, aux ser­vi­ces médico-sociaux et sociaux est essen­tielle pour le droit des femmes, pour toute la société donc !

La Santé est deve­nue une mar­chan­dise, livrée aux lois du marché. Le « quoi qu’il en coûte » bran­dit par le pré­si­dent de la République sonne faux à l’heure où, en pleine pan­dé­mie, s’opè­rent encore des restruc­tu­ra­tions et fer­me­tu­res de lits, de ser­vi­ces et d’établissements avec des pertes d’emplois aggra­vant tou­jours plus les condi­tions de vie, et des per­son­nels ainsi que les condi­tions d’accueil des usa­gers.

Les droits des femmes sont encore bafoués quand des mater­ni­tés fer­ment et que l’accès à l’IVG est de plus en plus dif­fi­cile.

La prise en charge des mala­des Covid ou autres patho­lo­gies, la pré­ven­tion, la vac­ci­na­tion de masse exi­gent des moyens humains et tech­ni­ques sup­plé­men­tai­res indis­pen­sa­bles, alors que les poli­ti­ques gou­ver­ne­men­ta­les conti­nuent en silence de dimi­nuer et de faire des économies sur les bud­gets des hôpi­taux et des établissements. Il faut au contraire ouvrir des ser­vi­ces, des établissements, des écoles pro­fes­sion­nel­les pour pré­pa­rer le sec­teur sani­taire, médico-social et social à la pan­dé­mie actuelle, future et aux catas­tro­phes envi­ron­ne­men­ta­les à venir, tout en assu­rant paral­lè­le­ment une prise en charge de qua­lité des patho­lo­gies cou­ran­tes et chro­ni­ques de la popu­la­tion tout au long d’année de manière égalitaire sur tout le ter­ri­toire.

LES PREMIERES LIGNES EXIGENT DES MOYENS MATERIELS ET HUMAINS !

Nous sommes 2 mil­lions de sala­rié·e·s dans la santé, le social et le médico-social.

Nous sommes aides-soi­gnan­tes, ani­ma­tri­ces, auxi­liai­res de vie sociale, assis­tan­tes fami­lia­les, assis­tan­tes mater­nel­les, éducatrices spé­cia­li­sées, assis­tan­tes socia­les, infir­miè­res, agen­tes de ser­vice hos­pi­ta­lier, admi­nis­tra­ti­ves, ouvriè­res, sages-femmes, aides à domi­cile, agen­tes d’entre­tien, sages-femmes, chi­rur­gien­nes, méde­cins ...

Nos métiers sont caté­go­ri­sés par la notion de « care ». Ils font partie du « pren­dre soin », du souci pour l’autre et des acti­vi­tés liées à la prise en charge du soin et de l’entre­tien de la vie. Ils sont occu­pés à 80% par les femmes dans nos sec­teurs. Ils font soi-disant appel aux com­pé­ten­ces « natu­rel­les » des femmes : soi­gner, nour­rir, net­toyer, accom­pa­gner, orga­ni­ser. Ils sont donc peu valo­ri­sés en termes de salaire (moins 20% de manière géné­rale par rap­port à celui des hommes).

Les temps par­tiels et les car­riè­res sus­pen­dues sont nom­breux. Les pro­mo­tions pro­fes­sion­nel­les sont lar­ge­ment insuf­fi­san­tes. Les pen­sions de retraite qui en décou­lent ne per­met­tent pas de vivre décem­ment.

Nos emplois sont de plus en plus pré­cai­res, avec une aug­men­ta­tion des CDD dans le privé et de moins en moins de titu­la­ri­sa­tion dans le public. Les horai­res aty­pi­ques détrui­sent l’équilibre fra­gile entre la vie privée et la vie pro­fes­sion­nelle. Les mou­ve­ments répé­ti­tifs sont source de mala­die pro­fes­sion­nelle.

La péni­bi­lité y est aussi de moins en moins reconnue, tout comme les ris­ques psycho-sociaux que nos métiers entraî­nent (fati­gue com­pas­sion­nelle, burn-out, etc.).

La reva­lo­ri­sa­tion sala­riale de 183 euros ne béné­fi­cie pour le moment qu’à une partie des sala­rié·es. Nombreux·ses sont ceux et celles qui n’en béné­fi­cient pas comme les sala­rié·es des SSIAD par exem­ple ou du social. Sans oublier qu’elle ne com­pense que par­tiel­le­ment le blo­cage subi depuis de lon­gues années, en effet il fau­drait une aug­men­ta­tion de manière signi­fi­ca­tive pour rendre nos métiers attrac­tifs et reconnaî­tre leurs qua­li­fi­ca­tions pour les per­son­nels dans les établissements issues de toutes les filiè­res, non médi­ca­les et médi­ca­les.

Le Ségur de la Santé et la « mis­sion Laforcade » ne sont pas satis­fai­sants du tout, voir ina­dap­tés aux deman­des et reven­di­ca­tions des per­son­nels. Les récen­tes déci­sions du gou­ver­ne­ment montre qu’il est tou­jours hos­tile aux exi­gen­ces des pro­fes­sion­nels des établissements de Santé du sani­taire, du médico-social et du social, asso­cia­tif, du public et du privé. Il n’a pas la réelle volonté d’amé­lio­rer notre sys­tème de santé, de pro­tec­tion sociale dans l’inté­rêt des sala­rié·e·s et selon les besoins de la popu­la­tion.

Après 1 an d’une ges­tion de pan­dé­mie qui nous a par­ti­cu­liè­re­ment mis·es en danger, les sala­rié·e·s, toutes caté­go­ries confon­dues, n’en peu­vent plus de devoir sup­por­ter la dégra­da­tion de leurs condi­tions de tra­vail avec aucune amé­lio­ra­tion en vue, au contraire la ges­tion anxio­gène de la crise se sys­té­ma­tise dans nos sec­teurs.

Soyons mobi­li­sés à Paris et ailleurs le 8 mars 2021, rejoi­gnons les mani­fes­ta­tions des 1er·e·s de cor­vées !

Exigeons ensem­ble :
- Des for­ma­tions mas­si­ves de pro­fes­sion­nels pour des recru­te­ments de per­son­nels qua­li­fiés ;
- L’ouver­ture mas­sive de lits et /ou ser­vi­ces en psy­chia­trie, dans les ser­vi­ces de soins et les struc­tu­res du sani­taire, du médico-social et du social par­tout où cela est néces­saire ;
- La reconnais­sance sans condi­tion en mala­die pro­fes­sion­nelle de tous les per­son­nels de santé et d’action sociale atteints par la Covid-19 ;
- L’arrêt de la déré­gle­men­ta­tion sur le temps tra­vail rendu pos­si­ble par le pro­to­cole d’accord du« Ségur de la santé » ;
- La réduc­tion du temps de tra­vail pour nos métiers péni­bles ;
- La reva­lo­ri­sa­tion des métiers du « care » et à « pré­do­mi­nance fémi­nine » par des aug­men­ta­tions de salai­res consé­quen­tes, bien au-delà des 183€, et pour toutes et tous ;
- L’égal accès à la pro­mo­tion pro­fes­sion­nelle et à tous les métiers ;
- Le res­pect des lois et des dis­po­si­tifs rela­tifs à l’égalité pro­fes­sion­nelle et sala­riale et des sanc­tions contre des employeurs qui ne res­pec­tent pas leurs obli­ga­tions en la matière ;
- La sup­pres­sion des iné­ga­li­tés per­sis­tan­tes et qui s’aggra­vent entre les femmes et les hommes, malgré le pro­to­cole égalité pro­fes­sion­nelle qui vient d’être signé pour la Fonction publi­que et qui fait per­du­rer de nom­breu­ses injus­ti­ces ;
- De véri­ta­bles mesu­res contre les ambian­ces sexis­tes et le har­cè­le­ment sexuel au tra­vail ;
- L’arrêt des poli­ti­ques d’aus­té­rité qui entraî­nent la fer­me­ture des hôpi­taux et mater­nité de proxi­mité, met­tant en danger la vie des femmes que ce soit pour avor­ter, accou­cher ou se soi­gner ;
- Des moyens pour pou­voir accueillir digne­ment les femmes qui por­tent plainte, les écouter et mettre en œuvre des moyens de pro­tec­tion, l’appli­ca­tion de l’ordon­nance de pro­tec­tion, l’aug­men­ta­tion des moyens pour les asso­cia­tions qui accueillent les femmes vic­ti­mes de vio­len­ces.

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