Salariés inaptes au travail : la jurisprudence à la rescousse !

10 décembre 2006

Pour la première fois, la Chambre sociale de la Cour de cassation permet à un salarié licencié pour inaptitude suite à une maladie professionnelle imputable à la faute inexcusable de l’employeur, de demander une indemnisation supplémentaire réparant la perte de son emploi...

Depuis les déci­sions « amiante » du 28 février 2002, les recours conten­tieux contre l’employeur suite à une faute inex­cu­sa­ble ayant entraîné un acci­dent du tra­vail ou une mala­die pro­fes­sion­nelle (ATMP) se sont mul­ti­pliés.

En effet, la légis­la­tion de la Sécurité sociale sti­pule que le sala­rié peut obte­nir une répa­ra­tion com­plé­men­taire
et une majo­ra­tion de sa rente lorsqu’il y a faute inex­cu­sa­ble de l’employeur.

L’ori­gi­na­lité de cette déci­sion réside dans le fait qu’elle ajoute un palier sup­plé­men­taire d’indem­ni­sa­tion pour le sala­rié en se situant sur le ter­rain du droit du tra­vail et non plus seu­le­ment du droit de la Sécurité sociale. Elle affirme le droit du sala­rié de béné­fi­cier d’une nou­velle répa­ra­tion décou­lant de la rup­ture du contrat de tra­vail et des dif­fi­cultés à en retrou­ver un autre.

Cette déci­sion montre la volonté sans équivoque de la Cour de cas­sa­tion d’inci­ter le légis­la­teur à réfor­mer le sys­tème d’indem­ni­sa­tion des ATMP, qui indem­nise trop peu et for­fai­tai­re­ment les vic­ti­mes.

Cet attendu rejoint la posi­tion de la CFE-CGC qui sou­haite rap­pro­cher la répa­ra­tion des ATMP des autres, car trop péna­li­sante sur­tout pour les cadres. Lors de la
négo­cia­tion avec le MEDEF, la CFE-CGC a clai­re­ment exprimé sa forte exi­gence d’une répa­ra­tion à la hau­teur réelle des
salai­res des cadres.
Nous nous réjouis­sons de voir que les juges ont la même ana­lyse et les même conclu­sions.

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Urgences, psychiatrie, maternités : les économies hospitalières deviennent une perte de chance

L’histoire survenue cet été au CHU d’Orléans est spectaculaire. Une patiente de 82 ans victime (…)

Six jours aux urgences. Cinq nuits sur un brancard.

Combien de nuits sur un brancard faudra-t-il encore avant d’admettre que la saturation des (…)

Mortalité infantile : l’IGAS alerte, le SNPI propose d’agir avec les infirmières

Pendant des années, le débat sur la périnatalité s’est résumé à une question : faut-il fermer ou (…)

Enfants remis à la rue : pourquoi le logement est aussi une urgence de santé publique

Combien d’enfants faut-il remettre à la rue pour considérer qu’une ligne budgétaire est (…)

Après les malades, le gouvernement cible désormais les victimes d’accidents du travail

Alerte ! Être malade coûte de plus en plus cher. Être blessé par son travail pourrait bientôt (…)

Franchises médicales : le gouvernement fait payer davantage les malades chroniques

Un euro sur une boîte de médicaments. Un euro sur un soin infirmier. Un euro sur une séance de (…)