Conférence salariale du 3 février 2011

9 février 2011

Déclaration des Organisations Syndicales Représentatives

C’est lors de la confé­rence sala­riale de début d’année que les repré­sen­tants de l’Etat annon­cent aux par­te­nai­res sociaux, l’évolution auto­ri­sée de la masse sala­riale pour l’année à venir.

Depuis 10 ans cette évolution est insuf­fi­sante pour main­te­nir le pou­voir d’achat des sala­riés du sec­teur. En 2011, ce sera pire !

En limi­tant l’évolution de la masse sala­riale à 1%, y com­pris GVT et effet report de l’année pré­cé­dente, les pou­voirs publics annon­cent, de fait, un gel des salai­res pour l’année 2011.

Les Organisations syn­di­ca­les CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et UNSA, repré­sen­ta­ti­ves du sec­teur sani­taire, social et médico-social, invi­tées à cette nou­velle confé­rence sala­riale, obser­vent une dégra­da­tion sans pré­cé­dent des condi­tions d’emploi des sala­riés de ce sec­teur et sont ame­nées à faire un cer­tain nombre de cons­tats.

Concernant les salai­res, sujet cen­tral de la confé­rence sala­riale, les Organisations Syndicales récla­ment que soit mis un terme à la pau­pé­ri­sa­tion du sec­teur qu’elles dénon­cent confé­ren­ces après confé­ren­ces…
 Sur les 12 der­niè­res années, en effet, les aug­men­ta­tions géné­ra­les de salaire, concré­ti­sées par la hausse de la valeur du point le plus sou­vent, ont atteint en moyenne 9%.
 Dans le même temps, l’indice des prix à la consom­ma­tion (IPC) a aug­menté de 22,08% (pas­sage de l’indice 100 à l’indice 122,08).
 Sur la même période, enfin, l’INSEE et la DARES nous disent que le salaire men­suel de base de l’ensem­ble des sala­riés (SMB), donc tous sec­teurs d’acti­vi­tés confon­dus, a été majoré de 32% (pas­sage de l’indice 78,3 à l’indice 103,4).

Dans ces condi­tions, les Organisations Syndicales pren­nent acte que le salaire de base des sala­riés du sec­teur subit une perte de pou­voir d’achat de 13% quand celui de l’ensem­ble des sala­riés fran­çais engrange un gain de pou­voir d’achat de 10%.
Notre sec­teur, en matière de salaire, affi­che donc un retard de 23%...

Qu’ont fait les sala­riés pour méri­ter une telle puni­tion ? Sont-ils des sala­riés de non droit et pour­quoi ?
Comment sont-ils otages d’un jeu de ping-pong ?

D’un côté, sous cou­vert de sauver l’acti­vité et les emplois, de « moder­ni­ser » et « d’opti­mi­ser » l’envi­ron­ne­ment conven­tion­nel, les employeurs cachent mal leur volonté de réduire le coût du tra­vail en dégra­dant les condi­tions de tra­vail et en blo­quant les salai­res.
La demande inces­sante d’indi­vi­dua­li­ser les rému­né­ra­tions, pré­sen­tée comme gage d’attrac­ti­vité, n’a en fait d’autre objet que de conte­nir, voire dimi­nuer, la masse sala­riale.

Faire tou­jours plus avec moins de moyens, voilà ce que sous-ten­dent en réa­lité les pro­po­si­tions de révi­sion des employeurs.
Dans un sec­teur où le col­lec­tif, qui est une valeur forte, par­ti­cipe à l’objec­tif de cohé­sion sociale, les per­son­nels refu­sent de se voir impo­ser des outils venus du sec­teur com­mer­cial, ina­dap­tés à la nature de leur mis­sion, et notoi­re­ment remis en ques­tion dans tous les rap­ports sur le bien-être au tra­vail et la néces­saire amé­lio­ra­tion du pacte social.

D’un autre côté, l’Etat et les finan­ceurs publics consi­dè­rent que des efforts impor­tants ont été faits et qu’il convien­drait de mieux uti­li­ser les moyens et de mieux orga­ni­ser l’acti­vité.

La pro­gres­sion en nombre des tra­vailleurs pau­vres et les remi­ses en cause des garan­ties col­lec­ti­ves cons­trui­sent une image de notre sec­teur à l’opposé des volon­tés affi­chées par les pou­voirs publics et des valeurs por­tées par les employeurs du sec­teur. Ces der­niers doi­vent cesser de consi­dé­rer les res­sour­ces humai­nes du sec­teur comme une charge alors qu’elles repré­sen­tent une plus-value.

Les sala­riés du sec­teur exi­gent que soit mis un terme aux échanges dis­cor­dants entre employeurs et finan­ceurs, et à la pau­pé­ri­sa­tion incontes­ta­ble qui les frappe. Ils deman­dent qu’une véri­ta­ble négo­cia­tion s’engage sur les actions et les moyens alloués pour répon­dre aux poli­ti­ques publi­ques.

Les Organisations Syndicales atten­dent aujourd’hui des Pouvoirs publics les déci­sions appro­priées devant per­met­tre de sortir la négo­cia­tion col­lec­tive de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

Les sala­riés refu­sent en effet que le déman­tè­le­ment des conven­tions col­lec­ti­ves vienne en lieu et place de la concer­ta­tion sur la néces­saire inno­va­tion sociale. Ils deman­dent donc que s’engage la négo­cia­tion pour répon­dre aux objec­tifs de cohé­sion sociale, et non pour accep­ter une logi­que de mar­chan­di­sa­tion ne répon­dant nul­le­ment au souci d’égalité d’accès aux ser­vi­ces, et au bien-être des popu­la­tions et des sala­riés.
A Paris le 3 février 2011

Document(s) joint(s) à l'article
Doc intersyndical - (137 kio) - PDF
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