Règles d’indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse

30 octobre 2016

Les dis­po­si­tions du code du tra­vail qui pré­voient une indem­ni­sa­tion mini­mum dans les seules entre­pri­ses d’au moins 11 sala­riés, en cas de licen­cie­ment sans cause réelle et sérieuse, sont confor­mes à la Constitution. Ainsi en a décidé le Conseil cons­ti­tu­tion­nel dans une déci­sion du 13 octo­bre 2016, saisi d’une ques­tion prio­ri­taire de cons­ti­tu­tion­na­lité par la Cour de cas­sa­tion pour la société Goodyear Dunlop Tires France SA.

En cas de licen­cie­ment sans cause réelle et sérieuse et en l’absence de réin­té­gra­tion dans l’entre­prise, le sala­rié béné­fi­cie, en plus de l’indem­nité de licen­cie­ment, d’une indem­nité en répa­ra­tion du pré­ju­dice subi dont le mon­tant ne peut pas être infé­rieur aux six der­niers mois de salaire.

Cette dis­po­si­tion ne s’appli­que pas dans les entre­pri­ses de moins de 11 sala­riés.

Dans une pré­cé­dente déci­sion du 5 août 2015, le Conseil cons­ti­tu­tion­nel avait déclaré non conforme à la cons­ti­tu­tion, une dis­po­si­tion de la loi du 6 août 2015 pour la crois­sance, l’acti­vité et l’égalité des chan­ces économiques (dite loi Macron) qui pré­voyait un mon­tant maxi­mum de l’indem­nité due en cas de licen­cie­ment sans cause réelle et sérieuse varia­ble selon l’ancien­neté du sala­rié et les effec­tifs de l’entre­prise. Le Conseil cons­ti­tu­tion­nel avait alors consi­déré que si le légis­la­teur pou­vait pla­fon­ner l’indem­nité, il devait rete­nir des cri­tè­res pré­sen­tant un lien avec le pré­ju­dice subi. Or, tel n’est pas le cas du cri­tère des effec­tifs de l’entre­prise.

Se fon­dant sur cette déci­sion du 5 août 2015, la société Goodyear sou­te­nait que les dis­po­si­tions pré­voyant une indem­nité mini­mum, égale aux salai­res des six der­niers mois, dans les seules entre­pri­ses d’au moins onze sala­riés, étaient également dépour­vues de rap­port direct avec la répa­ra­tion du pré­ju­dice.

Le Conseil cons­ti­tu­tion­nel a estimé qu’en ne pré­voyant un mon­tant mini­mum de l’indem­nité que pour les licen­cie­ments dans les entre­pri­ses d’au moins onze sala­riés, le légis­la­teur a sou­haité éviter de faire peser une charge trop lourde sur les entre­pri­ses économiquement plus fra­gi­les et a pour­suivi ainsi un but d’inté­rêt géné­ral.

Source : Décision n° 2016-582 QPC du 13 octo­bre 2016 (NOR : CSCX1629610S) https://www.legi­france.gouv.fr/affich­Texte.do?cid­Texte=JORFTEXT000033242350&date­Texte=&oldAc­tion=rechJO&cate­go­rie­Lien=id&idJO=JORFCONT000033241381

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Eau potable, pesticides, PFAS : le syndicat infirmier s’inquiète pour la santé des patients

Chaque jour, nous demandons à nos patients de boire davantage d’eau. Mais pouvons-nous encore (…)

Urgences saturées : les chiffres confirment ce que les infirmières dénoncent depuis des années

Quand le thermomètre reste dans le rouge pendant dix ans, ce n’est plus une crise. C’est un (…)

Urgences saturées, patients sur des brancards, soignants épuisés : ce que démontre l’étude de la DREES

Quand une personne malade attend des heures sur un brancard, ce n’est pas un problème (…)

Cancer, diabète, hypertension : encadrer enfin les additifs alimentaires !

Un soda coloré. Une sauce industrielle. Un dessert ultra-transformé. Chaque jour, des millions (…)

Ratios de patients par soignant : la clé pour prévenir les erreurs de soins

Combien d’erreurs faut-il encore pour admettre que la sécurité des patients commence par les (…)

Le pouvoir d’agir des infirmières sauve des vies #JII2026

Le monde manque d’infirmières. Mais le problème n’est plus seulement quantitatif. Il est aussi (…)