Violence envers les soignants hôpital EHPAD et l’ONVS

Violence envers les soignants hôpital EHPAD et l'ONVS

21 novembre 2022

35 infirmières sont agressées chaque jour dans les hôpitaux !
12 638 en une année !

L’hôpital est par nature un lieu où l’angoisse, la tension, l’émotion sont toujours très présentes et aboutissent, parfois, à des actes violents. Ces actes génèrent bien souvent une grande incompréhension et parfois de vraies difficultés professionnelles chez les personnels hospitaliers, dont la mission consiste précisément à venir en aide aux patients et à leurs proches. Les actes violents y apparaissent donc d’autant plus intolérables.

L’observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) recueille depuis 2005, sur la base du volontariat, les signalements de faits de violence (dont les incivilités) commis en milieu de santé contre les personnes et contre les biens. Afin de prévenir ces actes de violence, l’observatoire élabore et diffuse des outils et des bonnes pratiques, et encourage la coordination des acteurs de terrain.

La violence en santé et l’ONVS

L’observatoire national des violences en santé (ONVS) est placé au sein de la direction générale de l’offre de soins. Il recueille depuis 2005, sur la base du volontariat, les signalements de faits de violence (atteintes aux personnes - dont les incivilités, et aux biens) commis : dans les établissements, dont l’hospitalisation et soins à domicile et sur la voie publique ; et depuis fin 2020, dans le cadre de l’exercice libéral (dit de ville). Afin de mieux prévenir et de lutter contre ces (…)

L’ONVS a recensé 26 060 atteintes aux personnes et aux biens réparties ainsi :
- 21 234 atteintes aux personnes
- 4 826 atteintes aux biens dont 2 349 signalements répertoriaient les deux types d’atteintes cumulativement, essentiellement des violences accompagnées de dégradations.

On constate une hausse de près de 3 000 actes d’atteintes aux personnes par rapport à 2018 se rapportant aux actes suivants :
- injures, chahut et occupation de locaux (niv. 1),
- menaces physiques (niv. 2),
- violence volontaire, menace avec arme (niv. 3),
- violence avec arme (niv. 4).

Pour le syndicat national des professionnels infirmiers SNPI, il n’est pas admissible que des personnels de santé soient insultés et maltraités. En réaction, diverses options existent : attitude ferme, recadrage verbal, médical, psychologique, lettre de mise en garde, main courante, plainte aboutissant à une mesure alternative aux poursuites ou à une condamnation devant une juridiction pénale et au paiement de dommages-intérêts à la suite d’une constitution de partie civile.

LES 5 STRUCTURES ET UNITÉS DÉCLARANT LE PLUS DE VIOLENCES :
- Psychiatrie (18 %) 4 137 signalements d’atteintes aux personnes 920 atteintes aux biens
- Urgences (16 %) 3 700 signalements d’atteintes aux personnes 537 atteintes aux biens
- USLD/EHPAD (13 %) 3 065 signalements d’atteintes aux personnes 301 atteintes aux biens
- Unité de soins (9 %) 1 675 signalements d’atteintes aux personnes 503 atteintes aux biens
- Médecine (8 %) 1 577 signalements d’atteintes aux personnes 441 atteintes aux biens

Parmi les victimes d’atteintes aux personnes, les « personnels » représentent 82 % du total avec une subdivision de :
- 94,5 % pour les professionnels de santé dont :
8 % de médecins (2 240),
47 % d’IDE (12 638),
45 % d’AS et autres soignants (12 196)
- 5,5 % pour les personnels administratifs (1 553)
Source : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onvs_2020_donnees_2019_vd_2021-03-11.pdf

Violence à l’hôpital : les attentes du SNPI

"La sécurité au travail doit être garantie à tous les personnels hospitaliers précise Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI CFE-CGC) Les directions d’établissements doivent tout mettre en œuvre pour sanctuariser l’hôpital. Elles sont responsables d’organiser les conditions d’un exercice professionnel serein."

Les salles d’attente des urgences sont par définition des lieux dans lesquels la tension peut vite monter et où des passages à l’acte (verbal ou physique) sont possibles. Il faut donc réfléchir avec le personnel à l’organisation matérielle des salles d’attente (circuit des patients et des accompagnants, téléviseurs, diffusion d’informations, indication des temps d’attente, etc.). Une affiche doit informer les usagers des conséquences d’un comportement déviant.

Les personnels, notamment féminins, mettent souvent en avant un sentiment d’insécurité lorsqu’ils prennent ou quittent leur poste : il faut donc travailler à l’organisation d’une présence de vigiles aux moments clés d’utilisation des parkings, à l’augmentation des zones de vidéosurveillance, etc.

Mais la mise en place de dispositifs d’alerte, qui peuvent s’avérer défectueux, ou de caméras de vidéosurveillance, même s’ils rassurent, ne peuvent pas régler à eux seuls le problème et sont alors un gadget comme un couvercle sur une marmite.

Les formations peuvent aussi donner des clés aux professionnels pour faire face aux violences verbales voire physiques pour se protéger et accompagner une désescalade. Cette compétence s’acquiert aussi avec la compagnonnage, la partage d’expérience entre professionnels, comme cela se fait en psychiatrie, pour pouvoir exercer son métier de soignant en toute autonomie et sécurité.

L’intensité de la violence ou sa fréquence use physiquement et psychologiquement les professionnels, d’où l’importance d’une forte cohésion d’équipe, d’un soutien psychologique, hiérarchique…

Beaucoup de professionnels connaissent peu ou mal la protection pénale dont ils bénéficient. La notion de perte de temps et de crainte du processus judiciaire sont amenées. Or une poursuite judiciaire est conseillée même dans le secteur de la santé mentale. En effet, la sanction pénale peut faire partie de la thérapie et redonne un cadre au patient.

Pour le SNPI, les personnels qui ont subi une agression caractérisée doivent déposer une plainte le plus rapidement possible auprès des autorités de police afin d’obtenir des poursuites par le procureur de la république. La direction doit également porter plainte, et adresser un courrier au procureur de la République pour marquer le soutien de l’établissement à la démarche engagée.

En effet, les évènements de violence signalés par les établissements ont donné lieu à trop peu de dépôts de plainte, du fait d’un manque d’implication des directions. Le SNPI vous incite à porter plainte, afin d’obtenir des condamnations :
- Agression au CHU de Nîmes : prison ferme
https://www.syndicat-infirmier.com/Agression-au-CHU-de-Nimes-prison.html
- Violences : huit mois de prison pour avoir frappé l’infirmière du CHU de Nantes
https://www.syndicat-infirmier.com/Violences-huit-mois-de-prison-pour-avoir-frappe-l-infirmiere-du-CHU-de-Nantes.html
- Sarthe, il gifle l’infirmière des Urgences : 6 mois de prison ferme plus 4 mois avec sursis
https://www.syndicat-infirmier.com/Il-gifle-l-infirmiere-des-Urgences.html

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