Dangers de l’aspartame pour les femmes enceintes

12 janvier 2011

L’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indique "Dans le cadre de la veille permanente qu’elle exerce, l’Anses va examiner sans délai ces nouvelles études en vue d’éventuelles recommandations aux autorités françaises, et saisira le cas échéant l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), compétente sur le sujet pour une réévaluation du risque."

Les édulcorants pro­vo­que­raient des nais­san­ces avant terme chez les femmes, selon une étude réa­li­sée sur 60.000 danoi­ses, tandis que des expé­rien­ces menées sur des souris consom­mant ces pro­duits concluent à un risque accru de cancer, selon deux études récen­tes dont les scien­ti­fi­ques du Réseau envi­ron­ne­ment santé (RES) se font l’écho.

La consom­ma­tion de ces édulcorants est énorme : l’aspar­tame, édulcorant le plus uti­lisé au monde se retrouve dans plus de 6.000 pro­duits. Chez les enfants et les femmes en âge de pro­créer, l’absorp­tion quo­ti­dienne est esti­mée à 2,5 à 5 mg par kg de poids cor­po­rel. La dose jour­na­lière admis­si­ble établie par l’Autorité euro­péenne de sécu­rité des ali­ments (EFSA) est de 40 mg/kg.

Une étude, conduite par le Danois Thorhallur Halldorsson, publiée fin 2010 dans l’American jour­nal of cli­ni­cal nutri­tion, a étudié l’impact des bois­sons light ou sans sucre -c’est à dire conte­nant un édulcorant- sur près de 60.000 Danoises encein­tes.

Il appa­raît que la consom­ma­tion d’au moins une bois­son gazeuse conte­nant un édulcorant aug­mente en moyenne de 38% les ris­ques de nais­sance avant terme. L’aug­men­ta­tion des ris­ques est de
 27% si l’on n’en boit qu’une par jour,
 35% si l’on en boit 2 ou 3,
 78% quand c’est plus de 4...

L’impact est moin­dre quand les bois­sons sont non gazeu­ses, l’aug­men­ta­tion du risque allant de 11 à 29%. Il est vrai qu’elles com­por­tent, selon les cher­cheurs, 2 à 3 fois moins des deux édulcorants prin­ci­paux (aspar­tame sur­tout et ace­sul­fame-K, par­fois asso­cié) que les bois­sons gazeu­ses, étant en revan­che plus riches en cycla­mate et sac­cha­rine.

Publiée il y a quatre mois dans l’American Journal of indus­trial medi­cine, une étude du cher­cheur ita­lien Morando Soffritti, de l ?Institut Ramazzini de recher­che en can­cé­ro­lo­gie envi­ron­ne­men­tale, cor­ro­bore quant à elle deux études anté­rieu­res menées sur les impacts de l’aspar­tame chez les rats.

Elle établit que cet édulcorant élève les ris­ques de can­cers du foie et du poumon chez 240 souris mâles, expo­sées de la ges­ta­tion à la mort. Les ris­ques ne sont pas aug­men­tés chez les femel­les, qui pour­raient béné­fi­cier d’une "résis­tance de genre".

Les cher­cheurs ita­liens esti­ment "urgent" de réé­va­luer les régle­men­ta­tions actuelle. "Est-ce qu’on attend que les études sur les ron­geurs soient véri­fiées chez l’homme ?", demande André Cicolella, pré­si­dent du Réseau envi­ron­ne­ment santé (RES).

L’Anses (Agence fran­çaise de sécu­rité sani­taire ali­men­ta­tion/envi­ron­ne­ment) a indi­qué le 12 jan­vier 2011 qu’elle allait "exa­mi­ner sans délai ces nou­vel­les études en vue d’éventuelles recom­man­da­tions aux auto­ri­tés fran­çai­ses" et, le cas échéant, une sai­sine de l’EFSA. http://www.anses.fr/index.htm

L’aspar­tame a fait l’objet d’une auto­ri­sa­tion de mise sur le marché fut accor­dée à l’aspar­tame par la FDA (États-Unis) de juillet 1974 à décem­bre 1974. Suite à de pos­si­bles effets toxi­ques et can­cé­ri­gè­nes sur le cer­veau par l’aspar­tame ou ses méta­bo­li­tes, l’auto­ri­sa­tion fut sus­pen­due jusqu’en 1981 aux États-Unis. L’aspar­tame est auto­risé en France en 1988. Son emploi est har­mo­nisé par l’Union euro­péenne (direc­tive 94/35/CE) en 1994.

Pour l’ins­tant, l’aspar­tame est reconnu sûr pour la consom­ma­tion humaine dans 90 pays, notam­ment par les agen­ces de sécu­rité sani­taire comme l’Autorité euro­péenne de sécu­rité des ali­ments.

Autres arti­cles dans la presse :
 http://www.euro­pe1.fr/Sante/Sante-l-aspar­tame-encore-mis-en-cause-E1-367655/
 http://www.lese­chos.fr/entre­pri­ses-sec­teurs/infos-gene­ra­les/mede­cine-sante/afp_00313333-les-bois­sons-light-et-l-aspar­tame-pro­vo­que­raient-des-nais­san­ces-avant-terme.htm
 http://www.fran­ce­soir.fr/sante/sante-l-aspar­tame-de-nou­veau-mis-en-cause.85961
 http://temps­reel.nou­ve­lobs.com/actua­lite/top-news/20110112.AFP9544/les-bois­sons-light-et-l-aspar­tame-pro­vo­que­raient-des-nais­san­ces-avant-terme.html
 http://www.20mi­nu­tes.fr/arti­cle/651912/societe-les-bois­sons-light-aspar­tame-pro­vo­que­raient-nais­san­ces-avant-terme

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