« Fabriqué en France » ou « Origine France » ?

3 mai 2014

« Fabriqué en France », « Made in France », « Origine France », labels de qua­lité, RCO … dif­fi­cile pour le consom­ma­teur de savoir s’il consomme un pro­duit fran­çais.

Les ser­vi­ces doua­niers doi­vent connaî­tre l’ori­gine d’un pro­duit pour appli­quer les dif­fé­ren­tes mesu­res de poli­ti­que com­mer­ciale (droits anti-dum­ping, quotas, embar­gos com­mer­ciaux, contin­gents tari­fai­res...).

Le code des doua­nes com­mu­nau­taire (CDC) pré­voit donc com­ment déter­mi­ner l’ori­gine d’une mar­chan­dise, sa « natio­na­lité économique » (notion plus pré­cise que celle de pro­ve­nance qui dési­gne le pays à partir duquel les mar­chan­di­ses ont été expé­diées).

La néces­sité de décla­rer et de jus­ti­fier l’ori­gine d’un pro­duit à l’impor­ta­tion ne s’accom­pa­gne pas, sauf excep­tions, d’une obli­ga­tion de faire figu­rer l’ori­gine géo­gra­phi­que sur chaque pro­duit. Toutefois lors­que l’ori­gine est indi­quée volon­tai­re­ment, elle doit être conforme au code des doua­nes com­mu­nau­taire.

Ce que pré­voit le code des doua­nes com­mu­nau­taire

Si le pro­duit est « entiè­re­ment obtenu » dans un seul pays, ce pays est son ori­gine. En pra­ti­que, cela vaut essen­tiel­le­ment pour des pro­duits miné­raux extraits dans ce pays, des ani­maux vivants qui y sont nés et y ont été élevés …

Si au moins deux pays inter­vien­nent dans la fabri­ca­tion, c’est la notion de « der­nière trans­for­ma­tion sub­stan­tielle » qui est rete­nue. Une mar­chan­dise sera ori­gi­naire du pays où a eu lieu la der­nière trans­for­ma­tion sub­stan­tielle, économiquement jus­ti­fiée, effec­tuée dans une entre­prise équipée à cet effet et ayant abouti à la fabri­ca­tion d’un pro­duit nou­veau ou repré­sen­tant un stade de fabri­ca­tion impor­tant. Les sim­ples fini­tions ainsi que le condi­tion­ne­ment ne suf­fi­sent jamais à confé­rer l’ori­gine à un pro­duit.

Ce cri­tère de la « der­nière trans­for­ma­tion sub­stan­tielle » est géné­ra­le­ment exprimé selon l’une des trois moda­li­tés sui­van­tes :
 par un chan­ge­ment de (sous-)posi­tion dans le clas­se­ment tari­faire doua­nier ;
 par une liste d’opé­ra­tions de trans­for­ma­tion qui confè­rent ou non l’ori­gine du pays dans lequel ces opé­ra­tions ont été effec­tuées ;
 par une pro­por­tion de valeur ajou­tée dans le prix départ usine du pro­duit.

Quelques exem­ples
 Pour un sac obtenu en Italie à partir de cuirs ou peaux ori­gi­nai­res d’Afrique du sud, la règle à appli­quer est le chan­ge­ment de posi­tion tari­faire. Autrement dit, il faut que les matiè­res incor­po­rées aient une posi­tion tari­faire dif­fé­rente de celle du pro­duit fini. Comme le sac a la posi­tion tari­faire 42 02 et que la matière relève du cha­pi­tre tari­faire 41, le cri­tère est res­pecté et le sac a l’ori­gine Union euro­péenne (puis­que fabri­qué en Italie).
 Pour la viande de bœuf, le pays d’ori­gine est celui où a eu lieu l’abat­tage pré­cédé d’au moins trois mois d’engrais­se­ment dans ce pays.
 Pour les télé­vi­sions, c’est le pays de fabri­ca­tion dans le cas où la valeur acquise du fait des opé­ra­tions de mon­tage et, éventuellement, de l’incor­po­ra­tion de pièces ori­gi­nai­res repré­sente au moins 45 % du prix départ usine des appa­reils.

Ce sont des règles assez com­plexes, même pour les pro­fes­sion­nels qui peu­vent tou­te­fois sécu­ri­ser leurs opé­ra­tions à l’inter­na­tio­nal en cer­ti­fiant l’ori­gine de leurs mar­chan­di­ses via une demande de Renseignement Contraignant sur l’Origine (RCO) adres­sée à la Direction géné­rale des doua­nes et droits Indirects.

Et les labels

Le « Made In » de la régle­men­ta­tion doua­nière se dif­fé­ren­cie des « labels » de mar­quage natio­nal, qui sont basés sur un cahier des char­ges spé­ci­fi­que et font inter­ve­nir un orga­nisme cer­ti­fi­ca­teur indé­pen­dant.

Il est inter­dit de faire figu­rer sur un pro­duit étranger (au sens doua­nier) un signe ou une indi­ca­tion quel­conque de nature à faire croire qu’il a été fabri­qué en France ou est d’ori­gine fran­çaise.

Les labels doi­vent donc adop­ter des cri­tè­res aussi exi­geants que ceux du code des doua­nes. Le cahier des char­ges du label Origine France Garantie met en avant 2 cri­tè­res mini­maux cumu­la­tifs :
 le pro­duit prend ses carac­té­ris­ti­ques essen­tiel­les en France ;
 de 50 % à 100% du prix de revient uni­taire de ce pro­duit sont acquis en France. Dans le cas où le code des doua­nes com­mu­nau­taire a fixé des exi­gen­ces supé­rieu­res, les cri­tè­res sont rele­vés à un niveau supé­rieur.

Partager l'article
     

Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Plan Bayrou : une brutalité sans précédent contre les patients et les soignants

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI CFE-CGC) dénonce un plan d’économies de (…)

Médicaments cytotoxiques : sauver des vies en risquant la sienne

Ils sauvent des vies. Mais ils menacent aussi celles qui les administrent. Dans les services (…)

Protéger ceux qui soignent, c’est protéger la santé des français

À la suite d’une agression commise contre une infirmière libérale, une vingtaine d’organisations (…)

Notre voix, notre profession : pas de porte-parole autoproclamé pour les infirmiers !

Paris le 20 août 2025 - À l’heure où notre système de santé traverse une période de tension et (…)

Infirmières face aux inégalités de santé : "aller-vers" la justice sociale

Les inégalités sociales de santé ne sont pas des abstractions statistiques. Elles se mesurent en (…)

Soigner les soignants : des discours aux actes, le fossé se creuse

Des soignants en bonne santé, c’est la base pour des soins de qualité et des patients en (…)