Décès de Kine VEYER, infirmière, dirigeante et bâtisseuse du collectif professionnel

17 octobre 2025

Infirmière enga­gée, Kine Veyer a marqué de son empreinte la pro­fes­sion par son action à la fois ordi­nale, syn­di­cale et fédé­ra­trice. Ancienne direc­trice des soins à l’APHP, elle a œuvré pour la qua­lité des pra­ti­ques et la trans­mis­sion des savoirs.

Première pré­si­dente du Conseil régio­nal de l’Ordre des infir­miers d’Île-de-France (2009–2018), elle a porté haut la voix des soi­gnants dans les débuts par­fois dif­fi­ci­les de l’ins­ti­tu­tion. Élue au pre­mier Bureau natio­nal du Conseil natio­nal de l’Ordre des infir­miers, elle en fut la doyenne, pré­si­dant la réu­nion d’ins­tal­la­tion du Conseil natio­nal en jan­vier 2009. Elle a pré­sidé la com­mis­sion Ethique et déon­to­lo­gie du CNOI dès sa créa­tion.

Pionnière des coo­pé­ra­tions inter­na­tio­na­les, elle fut à l’ori­gine de l’Accord de reconnais­sance mutuelle France–Québec, faci­li­tant la mobi­lité et la reconnais­sance des infir­miè­res entre les deux pays. En tant que conseillère natio­nale délé­guée à l’ARM, elle a super­visé avec rigueur et bien­veillance les stages d’infir­miè­res qué­bé­coi­ses venues exer­cer en France, dans un esprit d’ouver­ture et de par­tage pro­fes­sion­nel.

"Militante du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI), elle incar­nait une concep­tion exi­geante et huma­niste de l’exer­cice : celle d’une infir­mière res­pon­sa­ble, ancrée dans le ter­rain mais tour­née vers la réflexion éthique et la santé publi­que. Kine Veyer défen­dait un exer­cice auto­nome, res­pon­sa­ble et éthique de la pro­fes­sion, au ser­vice des patients et de la santé publi­que. Elle a ouvert la voie et trans­mis la flamme. Sa vision, son huma­nité et son enga­ge­ment pro­fes­sion­nel demeu­rent pour nous tous un repère et une source d’ins­pi­ra­tion." pré­cise Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI.

Membre du groupe de tra­vail sur le déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel mis en place par la Haute Autorité de Santé (HAS), elle a également contri­bué à la créa­tion du Collège Infirmier Français (CIF), dont elle fut tré­so­rière de 2017 à 2022. Par son tra­vail patient de struc­tu­ra­tion et de concer­ta­tion, elle a œuvré à ras­sem­bler les dif­fé­ren­tes sen­si­bi­li­tés de la pro­fes­sion autour d’un objec­tif commun : faire reconnaî­tre l’exper­tise infir­mière dans toutes ses dimen­sions.

Elle a favo­risé le dia­lo­gue entre les dif­fé­ren­tes com­po­san­tes de la pro­fes­sion (syn­di­cats, ordre, asso­cia­tions) pour porter une vision uni­fiée et ambi­tieuse du soin. Son enga­ge­ment pour la qua­lité et la for­ma­tion des équipes illus­trait sa convic­tion : que le soin n’est jamais un simple geste, mais un acte por­teur de sens.

Disparue en octo­bre 2025, Kine Veyer laisse le sou­ve­nir d’une femme de convic­tion, rigou­reuse et bien­veillante, qui a su faire dia­lo­guer ins­ti­tu­tions et pro­fes­sion­nels autour d’une même exi­gence : redon­ner sens et force au rôle infir­mier.

Son décès attriste pro­fon­dé­ment l’ensem­ble de la com­mu­nauté soi­gnante, reconnais­sante de son apport excep­tion­nel à la pro­fes­sion. Nous adres­sons à sa famille et à ses pro­ches nos plus sin­cè­res condo­léan­ces.

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