Les décrets sur la médecine du travail illustrent la déstabilisation avancée du système !

2 février 2012

Réaction de Bernard SALENGRO, Secrétaire National Conditions de travail, Handicap et Santé au Travail de la confédération CFE-CGC

La CFE-CGC regrette l’occa­sion ratée de donner un nouvel élan à ce ser­vice de pro­tec­tion des sala­riés. Ce sera la pré­ven­tion orga­ni­sée par les employeurs avec les déri­ves que l’on connait.
La gou­ver­nance est lais­sée aux entre­pre­neurs locaux même si le nombre des repré­sen­tants sala­riés a aug­menté, les employeurs locaux auront la majo­rité des voix.

Afin de faci­li­ter la prise en mains par les employeurs, les méde­cins se voient englués dans des rôles contra­dic­toi­res avec ceux des direc­teurs nommés par les employeurs, un exem­ple :
  devant les par­te­nai­res sociaux le texte pré­senté par­lait de visite médi­cale des sala­riés expo­sés à des toxi­ques dan­ge­reux (Cancérogène, Mutagènes et Toxiques pour la repro­duc­tion), une fois retourné au minis­tère le lob­bying patro­nal fit modi­fier la for­mule trans­formé en « un acte de nature médi­cale » ce qui veut dire que cet acte pourra être réa­lisé par n’importe qui et ne s’accom­pa­gnera ni d’entre­tien ni d’examen par un méde­cin c’est du canada dry !
  devant les par­te­nai­res sociaux il avait été accepté que les infir­miers béné­fi­cie­raient d’une for­ma­tion diplô­mante, c’est devenu, après l’action du lob­bying patro­nal, une for­ma­tion qua­li­fiante qui n’a pas la même qua­lité et qui ne vaut que dans le ser­vice en ques­tion, atta­chant ainsi l’infir­mier à ce ser­vice sans qu’il puisse aller voir ailleurs !
  le décret ne reprend pas le rôle de pro­po­si­tion de la com­mis­sion médico-tech­ni­que sur les prio­ri­tés du ser­vice (D 4622-28)
  le décret rela­tif à l’équipe plu­ri­dis­ci­pli­naire ne tire pas les consé­quen­ces de la mis­sion de coor­di­na­tion confiée au méde­cin du tra­vail par la loi
  le méde­cin du tra­vail pourra se voir impo­ser les effec­tifs à voir par l’employeur sans limite autre que la seule réserve de la direc­tion régio­nale du tra­vail qui ne l’a jamais contrôlé depuis 1946

Bernard SALENGRO
Secrétaire National Conditions de tra­vail,
Handicap et Santé au Travail

Voir également :
 http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Decret-sur-la-sante-au-tra­vail.html
 http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Medecine-du-tra­vail-loi-du-20-07.html
 http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Sante-au-tra­vail-une-occa­sion.html
 http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/-Sante-au-tra­vail-.html

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Vacation hospitalière : solution agile en attente des ratios infirmiers ?

Dans de nombreux établissements, l’équilibre des plannings repose désormais sur une variable (…)

CTI : les infirmières territoriales oubliées du Ségur

Quatre ans de combat. Quatre ans d’attente. Quatre ans d’injustice salariale. Dans les Ardennes, (…)

Ratios infirmiers en néonatologie : une urgence vitale encore ignorée

Chaque jour, des nouveau-nés survivent grâce à la qualité des soins. Mais combien pourraient (…)

Santé mentale : l’urgence d’une réponse de santé publique

La santé mentale est devenue une « grande cause nationale ». Mais sur le terrain, c’est une (…)

Soins infirmiers : une exposition révèle le rôle stratégique des infirmières

Soigner a toujours existé. Bien avant les hôpitaux. Bien avant les protocoles. Et pourtant, ceux (…)

Restes à charge invisibles : ces dépenses de santé que les patients paient en silence

Le reste à charge est devenu un sujet politique. Mais celui dont on parle n’est pas le bon. Car (…)