Les infirmiers en santé au travail, une spécialité à reconnaitre

2 février 2011

Communiqué de presse du CNOI du 28.01.11

Alors que le Sénat vient d’adop­ter en pre­mière lec­ture la pro­po­si­tion de loi rela­tive à l’orga­ni­sa­tion de la méde­cine du tra­vail, l’Ordre natio­nal des infir­miers publie un rap­port pour contri­buer à la reconnais­sance et à la pro­mo­tion de l’exper­tise pro­fes­sion­nelle des infir­miers de santé au tra­vail. Ce rap­port déve­loppe et pro­longe la posi­tion adop­tée par le Conseil natio­nal de l’Ordre le 14 sep­tem­bre 2010.

Environ 4 000 infir­miers exer­cent dans le domaine de la santé au tra­vail. La for­ma­tion ini­tiale d’infir­mier pré­pa­rant très peu à ce type d’exer­cice, seuls 25% d’entre eux ont suivi un cursus de for­ma­tion com­plé­men­taire (licence ou diplôme inte­ru­ni­ver­si­taire en santé au tra­vail). Ils pren­nent en charge chacun entre 900 et 1 260 sala­riés, essen­tiel­le­ment du sec­teur de l’indus­trie.

Leur réfé­ren­tiel d’acti­vi­tés est com­posé :
 d’acti­vi­tés de soins médi­caux : soins pres­crits par le méde­cin et soins rele­vant du rôle propre infir­mier, dont : sur­veiller les trou­bles exis­tants ou poten­tiels, iden­ti­fier les situa­tions d’urgence ou de détresse ; orga­ni­ser les visi­tes médi­ca­les et leur suivi, effec­tuer des exa­mens néces­sai­res et com­plé­men­tai­res, etc.
 d’actions sur le lieu de tra­vail : conseil auprès des sala­riés et de l’employeur pour pré­ve­nir les ris­ques pro­fes­sion­nels, mettre en oeuvre des recom­man­da­tions médi­ca­les, tech­ni­ques et orga­ni­sa­tion­nel­les, assu­rer la tra­ça­bi­lité des expo­si­tions pro­fes­sion­nel­les, gérer des situa­tions d’urgence, etc.
 d’actions d’éducation pour la santé au tra­vail : éducation indi­vi­duelle et col­lec­tive, orga­ni­sa­tion de cam­pa­gnes.
 d’autres actions de santé publi­que : suivi du rappel des vac­ci­na­tions, mise en oeuvre des plans de pré­ven­tion col­lec­tive, etc.

Par toutes ces acti­vi­tés, les infir­miers de santé au tra­vail sont des acteurs essen­tiels pour la pré­ven­tion et l’évaluation des ris­ques, les soins, le suivi de santé des sala­riés tout au long de la vie pro­fes­sion­nelle. Les avan­ta­ges spé­ci­fi­ques de leurs inter­ven­tions (au vu notam­ment des nou­veaux ris­ques émergents en entre­prise), et leur effi­cience dans un contexte de pénu­rie crois­sante de méde­cins dans ce sec­teur, ont été mis en évidence pour pro­mou­voir l’égalité d’accès à la santé et au mieux-être indi­vi­duel et col­lec­tif au tra­vail.

Dans son rap­port, l’Ordre pré­co­nise de reconnaî­tre l’infir­mier de santé au tra­vail (IST) comme une spé­cia­lité, à l’instar des infir­miers de bloc opé­ra­toire, des infir­miers anes­thé­sis­tes et des pué­ri­cultri­ces. Le pro­gramme de cette spé­cia­li­sa­tion au niveau master 1 serait axé sur les com­pé­ten­ces cli­ni­ques spé­cia­li­sées, le conseil, l’éducation, la coor­di­na­tion et la recher­che.

L’Ordre recom­mande aussi, notam­ment, de mieux assu­rer l’auto­no­mie et de garan­tir l’indé­pen­dance des actes pro­fes­sion­nels de l’IST, et de créer un poste d’IST conseiller tech­ni­que au sein des direc­tions régio­na­les du tra­vail et de l’emploi.

L’Ordre natio­nal des infir­miers sou­haite tra­vailler sans plus atten­dre avec les pou­voirs publics et les orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nel­les com­pé­ten­tes pour faire reconnaî­tre et pro­mou­voir l’exper­tise pro­fes­sion­nelle des infir­miers en santé au tra­vail, dans le cadre d’une poli­ti­que de santé publi­que glo­bale, ambi­tieuse dans ses objec­tifs.

Plus de détails :
 la posi­tion du CNOI : http://www.ordre-infir­miers.fr/assets/files/000/posi­tions/posi­tion_sante_tra­vail.pdf
 le rap­port : http://www.ordre-infir­miers.fr/assets/files/000/posi­tions/Rapport_IST_Janvier_2011.pdf

Partager l'article
     

Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

Vacciner aujourd’hui pour protéger l’autonomie demain : un enjeu central du bien vieillir

Vieillir en bonne santé n’est pas un luxe. C’est la condition d’une société qui assume son (…)

De Bruxelles à Paris : le même combat pour protéger les patients et les vulnérables

Quand un gouvernement décide de réduire massivement les dépenses publiques, ce ne sont jamais (…)

Diabète, surpoids, cancers : le Nutri-Score peut changer la santé publique

Informer pour prévenir. Prévenir pour protéger. La prévention n’est pas un slogan : c’est le (…)

PLFSS 2026 : unir la voix des patients et des soignants pour un système plus juste

Quand le budget devient un prétexte pour restreindre l’accès aux soins, ce sont toujours les (…)

Ecoles mal ventilées : un risque massif ignoré par les municipalités

Chaque jour, 6,4 millions d’enfants respirent un air dont personne ne leur garantit la qualité. (…)

Tribune "La qualité de l’air dans les écoles est un enjeu crucial"

Tribune. Depuis la pandémie, beaucoup de promesses ont été faites sur la qualité de l’air dans (…)