Santé au travail : Démantèlement en catimini

11 septembre 2010

Au beau milieu des amen­de­ments sur la retraite, le gou­ver­ne­ment glisse subrep­ti­ce­ment d’autres amen­de­ments qui déman­tè­lent la santé au tra­vail ! Il efface ainsi la loi de 1946 qui avait ins­ti­tué la pro­tec­tion des sala­riés et la rem­place par une loi pour la sécu­rité des employeurs !

Ce n’est ni plus ni moins qu’un trans­fert de pou­voir et de mis­sion du méde­cin du tra­vail à l’employeur, et ce en totale oppo­si­tion avec ce que pré­co­nise l’Ordre des méde­cins.

Sont ins­tal­lés dans le cadre de la méde­cine du tra­vail d’autres pro­fes­sion­nels, sou­vent néces­sai­res mais sans aucune pro­tec­tion légale ni indé­pen­dance sta­tu­taire. Quel crédit auront-ils auprès des sala­riés ?

Les pro­blè­mes de ten­sion démo­gra­phi­que ne seront pas réglés par le sys­tème de for­ma­tion ins­tallé, celui-ci subis­sant depuis quinze ans un véri­ta­ble goulot d’étranglement. Le gou­ver­ne­ment n’évoque même pas la pos­si­bi­lité de for­ma­tion des méde­cins par des voies plus pro­ches du ter­rain, sur le modèle de la for­ma­tion en alter­nance voire en contrat inter­gé­né­ra­tion­nel. Si un minis­tre peut passer de Bercy à la Santé au tra­vail en huit jours, il faut rap­pe­ler qu’un méde­cin est astreint à une for­ma­tion de quatre années sup­plé­men­tai­res !

Le statut des méde­cins du tra­vail est lui-même éborgné puis­que celui-ci devient dépen­dant de l’employeur par le biais du direc­teur du ser­vice de santé au tra­vail, alors qu’aupa­ra­vant il était sala­rié pro­tégé par l’ins­pec­teur du tra­vail : cela tourne à la farce !

Mais le plus inquié­tant est le chan­ge­ment d’objec­tif : le méde­cin du tra­vail avait pour mis­sion « d’éviter toute alté­ra­tion de la santé des tra­vailleurs du fait de leur tra­vail ». Avec cette réforme, il n’est plus en charge de cette mis­sion, tandis que le direc­teur de ser­vice de santé au tra­vail se doit de conduire « des actions de santé au tra­vail visant à pré­ser­ver la santé phy­si­que et men­tale des tra­vailleurs ». Autrement dit, « on fera ce qu’on peut ». C’est beau­coup moins ambi­tieux et sur­tout cela évite d’être res­pon­sa­ble !

Le gou­ver­ne­ment répond ainsi aux seuls désirs du MEDEF d’asseoir plus for­te­ment son pou­voir afin de contrô­ler ces acteurs dont il se méfie. Ainsi il conti­nue de gérer sans contrôle sérieux les coti­sa­tions de la méde­cine du tra­vail, pour le plus grand profit des struc­tu­res patro­na­les ter­ri­to­ria­les.

La CFE-CGC s’oppo­sera à cette révo­lu­tion qui donne aux employeurs les clés du sys­tème de santé des sala­riés au tra­vail....

Le ser­vice com­mu­ni­ca­tion CFE-CGC

Partager l'article
     



Rechercher sur le site


Dialoguer avec nous sur Facebook
Nous suivre sur Twitter
Nous suivre sur LinkedIn
Suivre notre Flux RSS

10 propositions SNPI pour la prévention locale

La prévention est aujourd’hui une priorité affichée. Pourtant, sur le terrain, elle reste encore (…)

Vacation hospitalière : solution agile en attente des ratios infirmiers ?

Dans de nombreux établissements, l’équilibre des plannings repose désormais sur une variable (…)

CTI : les infirmières territoriales oubliées du Ségur

Quatre ans de combat. Quatre ans d’attente. Quatre ans d’injustice salariale. Dans les Ardennes, (…)

Ratios infirmiers en néonatologie : une urgence vitale encore ignorée

Chaque jour, des nouveau-nés survivent grâce à la qualité des soins. Mais combien pourraient (…)

Santé mentale : l’urgence d’une réponse de santé publique

La santé mentale est devenue une « grande cause nationale ». Mais sur le terrain, c’est une (…)

Soins infirmiers : une exposition révèle le rôle stratégique des infirmières

Soigner a toujours existé. Bien avant les hôpitaux. Bien avant les protocoles. Et pourtant, ceux (…)